mercredi 31 août 2011

Comment (bien) se brosser les dents ?

Le matériel

-une brosse à dent souple. Si elle est médium ou dure gardez-la pour le ménage ou le cirage de vos chaussures. Neuve ( moins de 4 mois). Chaque saison sa brosse à dent. 

-du dentifrice. L'essentiel du brossage étant l'acte mécanique, vous pourriez vous passer de dentifrice en l'absence de problème dentaire particulier. 


La méthode que je préconise (méthode de Bass modifié pour les intimes):


On place la brosse à 45°C par rapport à la dent pour atteindre le sillon situé entre la gencive et la dent (là où la plaque et le tartre s'accumulent). 

On fait des mouvements horizontaux 2 dents à la fois au maximum. 

Et on rajoute des mouvements de rouleau pour bien nettoyer la gencive.

Toujours commencer par le même côté pour ne rien oublier. 

On nettoie les faces extérieures, intérieures et les faces triturantes (les faces sur lesquelles on mastique).

2 à 3 minutes.

2 fois par jour au minimum, 3 si vous êtes chez vous le midi.

Et une fois par jour, on passe le fil dentaire entre chaque dent.

Pour les gencives sensibles, fragiles : La méthode dite du rouleau.

La brosse à dent passe de la gencive vers la dent. (Rose vers blanc pour le moyen mnémotechnique) .

Sur toutes les faces, extérieures, intérieures et triturantes.


mardi 30 août 2011

La fameuse maladie de la dent noire

Il y a une chose qu'on ne peut pas dire à son patient. Une chose très délicate. Même si on en crève d'envie, il faut louvoyer, jamais au grand jamais on ne peut accueillir son patient en lui demandant si il n'a pas oublié de prendre une douche cette semaine. Voire deux ou trois.

On ne peut pas toucher à l'hygiène, cela touche au plus intime.
Sauf que nous travaillons en bouche, et que l'essence même de notre job est de prévenir/dépister/traiter/soigner des affections qui découlent directement d'une mauvaise hygiène bucco-dentaire. 

Le patient culpabilise, voire a honte alors il trouve une  parade, les gènes. C'est souvent la faute à la grand-mère, la mère ou carrément toute la famille qui a la "même chose". Qui ont perdu toutes leurs dents à 45 ans, qui ont les dents qui se "déchaussent" ...

Le facteur génétique est indéniable comme pour la médecine en générale. Nous ne développons pas les mêmes affections pour une bactérie donnée, il y a des terrains favorisants. Des patients qui n'auront très peu de caries mais les dents qui bougent, d'autres qui s’abîmeront pour une semaine d'inattention. 

Mais c'est pas la faute de la grand-mère si les dents ne sont pas brossées. Ni à l'âge. J'ai vu des patients qui à 80 ans avaient toutes leurs dents. Ils en prennent soin c'est tout. Ils ne sont pas dans la fatalité de dire "de toute façon y a rien à faire ça va pourrir".

De même, quand je découvre une carie, souvent le patient répond "encore, j'en avais déjà une l'année dernière" comme si il existait un quota. C'est bien connu que si votre lave-vaisselle vous lâche un jour il ne vous lâchera plus jamais ! Comme dirait mon assistante, jamais vous reprochez à votre médecin de vous diagnostiquer la 3 ème rhino-pharyngite de l'année. Nous, forcément, on va faire un trou et le reboucher même si ce n'est pas nécessaire. Le dentiste ment , le patient ne sait pas si il doit lui faire confiance ou pas. Comme si je m'amusais moi-même à sortir du matériel pour enlever des caries imaginaires puis ressortir du matériel pour obturer cette cavité maintenant bien réelle. Ce qui me fait le plus plaisir, c'est les bouches propres où il n'y a aucun travail à faire à part un micro-détartrage. 

Le problème majeur c'est que je suis jeune. ( La bonne nouvelle c'est que je vieillis chaque jour donc la situation va s'améliorer ). Et cela reste délicat d'apprendre à des personnes qui pourraient être ma mère ou mon père comment se brosser les dents sans qu'ils s'offusquent. (Bon les jeunes médecins ont le même souci, on leur demande souvent "où est le docteur ?"," bah c'est moi "). 

Ne croyez pas non plus que les patients sans hygiène sont les plus démunis. Ils sont souvent issus des classes moyennes bien sûr dont leurs parents fatalistes leur ont appris à craindre le dentiste qui leur ferait payer une blinde pour remplacer les dents pourries par des années de négligence. (Patients qui souvent rejettent toute faute sur le dentiste précédent). Certains patients viennent aussi des classes supérieures. Bien maquillées, bien apprêtées mais pas d'odorat apparemment. 

vendredi 26 août 2011

A quoi pense le dentiste pendant votre détartrage ?

Souvent, une fois les banalités d'usage terminées, le patient installé sur le fauteuil, le masque et les gants en place, on pense à tout sauf au patient.

Je ne l'oublie pas bien sûr, mais je fais abstraction de l'endroit où je me trouve (le cabinet), de l'environnement sonore et je pars dans mes pensées.

Ça donne un peu ça :

J'ai faim

Faut que je rachète des sacs poubelles

Caïpirinha ou vin blanc ce soir ?

Tiens si je faisais des cookies demain 

Pourquoi je bosse alors qu'on est samedi matin ?

Pourquoi je bosse alors qu'il fait beau dehors ?

J'adore ces chaussures

Faut que je m'achète une nouvelle paire de bottes

Si je posais 2 jours pour partir en week-end ?

Rome ou Madrid ?

Merde j'ai fait une tâche sur ma blouse

Pourquoi il m'a pas répondu cet enfoiré ?

Ça se trouve son chat a mangé son portable

Il a pas de chat

J'ai faim

Allez plus qu'en haut à gauche et c'est terminé

Ça passe vite finalement


jeudi 25 août 2011

Mentir comme un arracheur de dents

"Cette expression du XVIIe siècle fait référence aux dentistes qui, autrefois, offraient leurs services sur les places publiques et dans les foires, affirmant que le patient ne souffrirait pas. On l’utilise toujours pour parler d’une personne qui ment sans aucun scrupule." (source l'internaute).

Il semblerait que l'on mente nous les chirurgien-dentistes. Pour arriver à nos fins c'est à dire vous soutirer le maximum d'argent vous soigner.

C'est un peu la technique de l'infirmière en milieu scolaire qui profite du "c'est quoi ton plat préféré" pour vous faire son vaccin.

On cherche une diversion. Avant, on soûlait les patients. Maintenant on essaie de les rassurer.

A peine arrivés, vous nous dites que vous n'avez pas envie de nous voir mais que vous n'avez pas le choix, que vous n'aimez pas le dentiste mais que ce n'est pas contre vous, vous avez votre diplôme au fait, non parce que vous êtes toute jeune ?

Mais vous avez mal et vous ne dormez plus.

(Les patients qui n'ont pas mal et qui viennent souvent, arrivent chez vous comme si ils allaient chez le coiffeur, détendus et c'est bien plus sympa).

Vous avez peur, peur d'avoir mal, peur de montrer que vos dents sont abîmées, peur qu'on vous dise qu'il va falloir hypothéquer la maison pour réhabiliter. Alors souvent vous attendez d'avoir mal à vous taper la tête contre un mur pour consulter. Et là forcément vous aurez mal, au moins un peu. Car il faudra anesthésier et ça ne prendra pas, qu'il faudra dévitaliser ou extraire et que ce ne sera pas drôle ni pour vous ni pour nous. Quand on est stressé, on a plus facilement mal. Et on stresse son dentiste, qui n'a plus qu'une seule idée en tête, en finir au plus vite.

Je ne mens pas, j'enrobe. J'évite les emphases à la "oula la mais c'est horrible", en remplaçement "il va y avoir du travail / on va se revoir". Ne jamais rien omettre, surtout si ça a un coût, sinon on passe pour la sale voleuse de retraite (à lire prochainement). 

Si l'on ment à un patient, ça fonctionne une fois mais pas deux. Par exemple avec les enfants. Un petit de 7 ans se laissera une fois extraire une dent de lait par surprise, la 2 éme fois il faudra beaucoup de persuasion pour regagner sa confiance.

Alors j'explique, je décortique tout. Peut-être suis-je la seule ou sûrement sommes-nous peu nombreux à prendre le temps. Vous n'avez pas moins mal, vous ne comprenez pas tout mais au moins vous êtes rassurés. 

On en arrive alors au : "ça va piquer c'est pas agréable mais si je veux soigner la dent, on a pas le choix".







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