jeudi 29 septembre 2011

Comment les études apprennent à devenir vulgaire

Ma mère adore me dire que je suis trop vulgaire et que je ne marierais jamais.

En cause, 4 années dans un collège de zone où les gros mots fusaient (en même temps que les bombes lacrymo et autres joyeusetés). 4 ans de "zyva" ("mais tu veux qu'elle aille où ?"), de "paysans" (pour les passagers de mon bus qui habitaient dans un village sans tours). 4 ans où il a bien fallu se forger une carapace pour ne pas se faire manger.

Les années lycée dans un lycée d'une ville "classe" m'ont appris à me modérer (même si les anciens de mon collège me rappelaient d'où je venais).

Puis viens la fac de médecine. Et les chants carabins. Là tu as 2 choix, soit tu assumes ta part de débauche et tu y prends part soit tu joues la choquée. J'adorais ses chants où tu pouvais dire bite, couille dans la même phrase sans rougir et sans que personne ne te juge (refoulement des années collège).

                                               Avertissement : interdit aux âmes sensibles


On parle souvent du bizutage, maintenant renommé intégration pour faire plus politiquement correct.

En médecine (ou dentaire), c'est en 2 ème année pour des raisons évidentes (les 1 ères année vont se faire jeter au 3/4). Ça commence doucement. Tu sais que tu vas y avoir droit mais tu sais pas quand ça va te tomber dessus. Tu es tranquillement installée dans ton amphi à écouter parler ce qui se révélera être un faux prof, quand les lumières s'éteindront, une horde de boeufs crieront et taperont à la porte (en bois pour plus d'effet dramatique), ils rentreront avec des bougies et te pousseront à te caler en bas en bloquant les sorties. Y en a qui ont réussi à sortir. Je sais pas comment. On appelle ça la descente dans l'amphi (on est très inspirés par chez nous). La fac est au courant, toutes les années viennent au spectacle. Les troisièmes années sont là pour au choix te faire boire et t'humilier sur le pupitre normalement réservé au prof. On défile un à un sur ce pupitre, souvent à 2 quand c'est pour mimer des positions sexuelles. Les mecs installés dans les hauteurs avec leur alcool font leur choix, élisent "la pétasse de l'année". Entre on te nourrit à la seringue, punch orange, ginz fizz, pastis. Ton seul salut c'est de dire que par religion tu ne bois pas. Je ne sais toujours pas comment je suis sortie sur mes deux jambes sans vomir. On nous avait piqué une chaussure aussi pour être sur qu'on se ramène le soir au bar la récupérer. Rentrer en bus avec une kickers et une chaussette, tu n'es plus à ça près après.

Jusqu'au week-end d'intégration, le point d'orgue du bizutage, ça continue doucement avec des journées à thème où tu te ramènes déguisés en cours (et en TP). Le fameux week-end ne sera qu'une version condensée du "tu bois donc tu es", avec plein de jeux à boire, des soirées décadentes, des ânes embêtés.

On imagine jamais le nombre de jeunes qui sont devenus alcooliques (ou moins alcooliques sociaux) alors qu'ils étaient très sages à la base. Parce que finalement, il y a deux clans, ceux qui s’intègrent tellement bien qu'ils piquent la seringue pour se nourrir eux-même (ou qui se prennent de la soupe de poisson plein la gueule en rigolant) et ceux qui banniront à jamais toute soirée ayant rapport avec la fac en ayant peur que toute l'année ressemble à ça (et donc toute vie sociale à la fac).

J'avais vite compris que pour qu'on ne me force pas, il fallait que je sois compliante. Ressortir ma part vulgaire (non je n'ai jamais roté sur eux), chanter les chansons paillardes avec coeur, boire pour exister.

Là au milieu de tout ça, tu es immunisée contre les images pornos, le vomi partout, les mecs en pré-coma éthylique, t'es devenue une fille qui parle comme un mec pour se protéger, qui danse collé-serré avec tous les mecs parce que ça ne signifie rien.

Au début, les seules chansons que je connaissais par coeur (et que je ne chantais pas en yaourt), étaient des paillardes. Je m'exécutais gaiement en famille (une fois les enfants couchés) quand on me demandait "tu connais quoi ?", ou alors en plein aéroport quand prise de larmes, je devais me remonter le moral et celui de mes potes. La digue du cul est et reste ma chanson remonte moral.

Alors oui, il faudra apprendre à se modérer, composer avec les "autres", ceux qui sont pas du milieu; qui n'ont pas l'habitude de voir des femmes boire comme des trous, parler sans tabou de sexe sans rougir. Je n'ai jamais eu de vraie cuite (en public) ou alors il n'y a aucune preuve.

Je suis vulgaire mais je me soigne. Les patients ont au pire droit à un "putain" étouffé si je me cogne avec le cône radio ou que je laisse tomber un instrument par terre ou que je me bloque sur un traitement canalaire.

Au rayon progrès, je n'insulte plus les coins de lit, table, chaise que je heurte dans la douleur (on reparlera du stoïcisme).

Les insanités maintenant c'est pour les voitures ...

lundi 26 septembre 2011

Better run through the jungle



En vrai ce blog aurait pu s'appeler autobiographie du dentiste en coureuse de fond. Vu que la course à pied occupe une grande partie de ma vie. Je vais pas vous faire le coup du "comment je suis saine et je ressemble à Gwyneth Paltrow " alors que je suis mieux. C'est juste que se défouler dehors et pas sur les patients énervants , ça te change une vie. Je suis beaucoup plus zen, moins stressée (si tant est que je l'ai jamais été pour le boulot). 

Par contre, quand je cours il faut pas m'embêter.

Et c'est fou comme en tant que coureuse, on en voit des vertes et des pas mûres.

Des conducteurs qui sont à un stop et qui démarrent alors que tu traverses le passage piéton (toujours le même d'ailleurs). Alors qu'ils m'ont bien vu.  Encore aujourd'hui j'ai lâché mon flot d'insanité à la petite vieille toute étonnée que je puisse vouloir traverser alors que j'étais doublement dans mon droit. "J'ai la priorité putain, c'est pas vrai bordel de merde". Je plains le père de famille qui a dû expliquer à son gamin pourquoi j'étais aussi vulgaire. J'avais juste failli me faire renverser.

J'espère que si j'avais eu une poussette, elle ne se serait pas élancée. Vous allez me dire, j'aurais pu attendre.  (Elle aussi). J'étais pas à 30 secondes (elle non plus). La vérité c'est que plein de conducteurs ne sont jamais piétons et ne savent pas ce que c'est de ne pas pouvoir traverser un passage clouté sereinement (la faute aux gens qui accélèrent quand le feu passe au vert, même si ils tournent à droite et qu'ils n'ont aucune visibilité).

Au rayon voiture et énervement, il y a aussi les sorties de garage ou de parking à toute blinde, avec passage et ratissage express du trottoir. Si par malheur tu l'as pas entendu arriver ou que tu ne t'es pas penchée avant de t'élancer, t'as toutes les chances d'avoir une bonne décharge d'adrénaline. Ça m'est arrivé avec l'amoureux et quand je repasse devant à chaque fois maintenant je fais un blocage et je ralentis (peut-être que c'est ça aussi le but qu'on ralentisse tous pour qu'ils n'aient pas à le faire ?). 

Dans ma ville, un coureur est mort de la façon la plus conne qui soit au passage. Il a voulu éviter l'ouverture d'un volet, il s'est pris une bagnole. Depuis je rase les murs sur cette rue. 

En parlant de raser les murs, tout le monde comprend qu'on roule à droite, et que donc le bon sens veut qu'on marche aussi à droite sur un trottoir. Je veux bien comprendre qu'une poussette est difficile à manœuvrer mais c'est si dur que ça d'expliquer et d'apprendre à ses enfants de se placer en rang d'oignons pour laisser passer la dame (vu qu'il y a la place en plus) ? Ou c'est mieux qu'ils assistent au spectacle oh combien merveilleux de la voir se faire percuter par une voiture par derrière vu qu'elle n'a pas de visibilité ?

Une amie m'avait dit de changer de route. J'ai changé d'horaire pour éviter la sortie de l'école privée et le lot de mamans qui allaient avec. Il faut dire qu'elles vous regardent avec des grands yeux comme si vous étiez un monstre de vouloir rester sur la droite du trottoir alors qu'elles viennent d'en face. Forcement elles n'ont jamais dû vivre la même situation. Je précise que ces enfants qui ne savent pas se pousser parce qu'on leur apprend à être les rois grandissent (l'école privée fait de la maternelle au lycée) avec les mêmes habitudes pourries de prendre le trottoir entier en marchant au milieu et en tenant son sac au pli du coude (histoire de prendre ce qu'il reste de place exploitable).

Notons que ces parents ont des voitures aussi et qu'ils n'hésitent pas à forcer le passage alors que vous êtes sur le passage piéton et à vous regarder indignés. C'est ça l'éducation ? J'en sais quelque chose, j'aurais jamais pu imaginer qu'un passage aussi minuscule (avec de l'élan je pourrais le traverser en sautant et je suis petite) deviendrait un cauchemar le matin en partant au boulot.

Certains diront que n'étant pas mère, je ne peux pas comprendre, un jour je leur taillerais un short pour qu'ils se rendent compte.

Le reste du parcours, je cours sur une voie spéciale ou bizarrement il ne m'arrive jamais rien.

vendredi 23 septembre 2011

C'est vous le dentiste ?

A chaque fois, je pense à la cité de la peur (on a les références cinématographiques qu'on peut) et j'ai envie de crier "NON JE SUIS LE PAPE ET J'ATTENDS MA SOEUR". Ou alors version 5ème élément, (Bruce Willis face à un contrôle d'identité), "non, je suis une mite en pull-over".



Ça revient à chaque fois que je change de poste. Non pas que ça arrive souvent mais c'est le but de la jeunesse d’expérimenter et de prendre son temps pour choisir où s'installer. Et puis qui peut ouvrir un cabinet directement en sortant de la fac ? (un il faut du courage, deux pas mal d'argent).  Bref. Chaque nouveau patient (ou patient qui ne m'a jamais vu) voit le doute l'assaillir quand il me voit. Ils leur faut souvent un moment de réflexion pour se demander si oui ou non je suis le dentiste (une fois sur deux, ils s'adressent à mon assistante). Une fois qu'ils savent arrive leur poussée d'adrénaline, ils lancent à coup sûr leur "mais vous faites tellement jeune".

On oublie souvent qu'avant d'avoir 30 ans d'expérience, on doit commencer et faire nos preuves.

C'est vrai leur vieux dentiste, il a toujours été vieux. (Ou alors ils ont vieilli avec). C'est normal, c'est dur de faire confiance à quelqu'un qui a l'âge de ses enfants. Ils savent qu'à cette âge, on est encore pas fini qu'on se biture le week-ends entier pour se refiler nos MST.

Heureusement, les jeunes s'en foutent sont plus cléments. Sûrement parce qu'ils sont juniors dans leur entreprise, et qu'ils ont bien compris que les échelons ça se gravit.

On rigolait souvent avec les collègues à la fac des patients qui venaient se soigner à l’hôpital et qui ne voulaient pas d'étudiants de 1ère année. En 1ère année, on sait même pas si on va l'avoir ce putain de concours ! D'ailleurs jusqu'à la 4ème année, même pas en rêve on touche un patient. (Ou alors on porte les instruments et on colle des étiquettes en stage).


Notre patient c'est ça, un fantôme. (Enfin le mien était pas aussi neuf)
Avec un tuyau pour évacuer l'eau, on a pas le droit à l'aspiration !
 (Paie ton démaquillage à chaque TP).

Pour mettre les patients sur la voie, je mets un masque. Par logique, si tu es enfermé dans une pièce avec un personne sans masque et une avec masque, tu devines facilement qui est qui, non ? C'est aussi à ce moment-là que tu peux évaluer le QI du patient dans ta tête ou te dire tout simplement "ON EST PAS RENDUS".

Une fois j'étais seule (pas d'assistante dans tous les cabinets, surtout en remplacement ) et le patient cherchait la feinte. J'ai dû me retenir de lui dire "Non, non, y a quelqu'un planqué sous le bureau". "SURPRISE".

Un jour, j'étais en train d'anesthèsier un gamin et sa mère me questionne "c'est vous le dentiste ?". "Non, non, je passais dans le quartier mais je trouvais ça drôle de m'installer derrière le fauteuil et de mettre un masque, en fait je suis femme de ménage".

Une patiente m'a raconté que sa fille avait le même problème à la fin de ses études de médecine et qu'elle avait fait 2 enfants pour se vieillir.

Florilèges de questions connes, réponses connes :

"Vous avez quel âge ?": "Je sais pas et vous ?"
 "Vous avez eu votre diplôme quand ?" : JE L'AI PAS (rire sadique). (j'étais en rempla juste avant de passer ma thèse).
"Ça fait combien de temps que vous faites ce métier ?" " Je sais pas 30 ans peut-être ?" (En vrai je rajoute 3 ans à ma date de thèse parce que ça compte aussi les années cliniques).
"Madame ou Mademoiselle, vous êtes si jeune ?"

Notons juste qu'à la fac, ils s'en tamponnaient royalement de savoir quel âge j'avais (vu que ça se voyait que je n'étais ni mariée, ni multipare, ni vieille) et qu'ils n'avaient pas peur pour autant.

Un jour on finit par comprendre que les patients riches sont rassurés par les soins (et prothèses ) qui coûtent cher et les praticiens vieux, ils pensent que c'est gage d'expérience et de perfection. (Si c'est trop bradé, ils se disent tout de suite que c'est de la prothèse chinoise). Alors que les pauvres, eux veulent juste être soignés, guéris sans douleur et avec tendresse ... Les entre-deux se rendent vite compte que les jeunes se forment et s'informent plus, utilisent du fait des techniques et des matériaux moins obsolètes.

Bon je dis ça mais le jour où je serais en plein travail si je vois débarquer un maïeuticien pré-pubère je lui ressortirai surement la même chose.



mercredi 21 septembre 2011

En attendant d'avoir mon propre tigre, je vais m'entraîner sur mon chat

Ma mère n'a pas son pareil pour m'envoyer tous les articles qu'elle trouve qui parlent de dents, de dentistes ... 

Heureusement qu'elle ne lit pas de revues paléontologiques...

Parfois c'est drôle. Comme la semaine dernière, où elle m'a transmis un article du site web de paris match. C'est vrai c'est mignon un ours qui dort et qui se fait soigner les dents. Ou une otarie qui se brosse les dents.


Chester, tigre du Bengale a le droit à la turbine. (Par contre les masques c'est en option ?)




Nettoyer les dents d'un hippopotame c'est un peu comme passer la balayette dans les toilettes, faut se contorsionner. 



Cette Otarie (nom non communiqué) se fait brosser les dents.



Ping Ping l'ours se fait administrer un tranquillisant.




Reyna, le jaguar se fait endormir les dents. (Pour un détartrage d'après paris match.)



Socrates le tigre se fait enlever une molaire. 



XioPingPing le panda se fait anesthésier. C'est un écarteur comme ça qu'il me faudrait pour travailler. (Spéciale dédicace à Lolotte).

Mon préféré pour la fin !



J'adore !!!
Voilà à quoi je pensais quand je parlais des petits diables qu'on tient à 4. Il a pas l'air malheureux le lion Tyson ! Regardez sa langue, je suis sûre qu'il a eu du protoxyde d'azote (pas assez).

Si vous aimez les singes, la suite est par. Personnellement c'est le genre d'animal qui me met mal à l'aise. 

Sinon j'aurais bien envie de me spécialiser juste (quoiqu'il faut sûrement être véto d'abord) pour pouvoir faire un câlin à un tigre endormi. Mon rêve ultime. (Clin d'oeil à Bixente : idée cadeau ). En attendant je vais me contenter de mon chat.


mardi 20 septembre 2011

Tout ce que vous ne pourrez plus jamais faire ...

... maintenant que vous êtes dentiste.

Comme dans tous les métiers publiques, nous passons nos journées à voir des tas de gens différents. Des patients susceptibles de nous croiser dans nos moments de la vie quotidienne une fois qu'on sort du cabinet. Parce que votre dentiste a une vie sociale, amoureuse (trépidante ou non ). A moins d'habiter dans une grande mégalopole, si vous êtes en province voire pire en village, le monde est vite petit !

Jusqu'à preuve du contraire, toute personne qui vous dit bonjour dans la rue mais que vous ne reconnaissez pas (dans la minute) est un patient.

Généralement on se balade tranquillement et paf ! un patient. 

Bien sûr il est important de désacraliser notre fonction, montrer qu'on a un petit coeur qui bat derrière notre masque sadique, notre austerité de vieille bique mal baisée, mais en début d'activité, il faut faire ses preuves, construire sa patientèle , être mature, faire adulte réfléchi qui "gère" et non ancien étudiant qui casse encore les pots. Le must c'est d'avoir des enfants, mettre la photo du bébé sur le bureau (au pire mettre une photo de sa nièce ou d'un bébé mannequin) pour montrer qu'on est suffisamment responsable (ou du moins que maintenant que vous connaissez l'enfer des nuits courtes et de l'éducation, vous avez mûri).

Les patients jeunes aiment que vous soyez proches d'eux (et que vous ne ressemblez pas aux vieux croûtons qui sont partis à la retraite, la dentisterie à "la papa"), les plus âgés ont besoin de vous faire confiance et restent très propices aux préjugés.

Voilà donc tout ce qui est verboten  ou à oublier (dans un rayon de 20 km autour du lieu d'exercice).

- Discuter de la soirée beaujolais de la veille en racontant comment on marche au radar. Rien de mieux pour décrédibiliser. Si tu sors, t'assumes, tu prévois à l'avance des actes pas trop lourds, ou alors tu bois moins.

- Aller dans une soirée et dire votre métier sans qu'on vous demande si " oui ou non je dois enlever mes dents de sagesse ?"

- Etre en week-end et avoir la paix si quelqu'un se casse un morceau d'amalgame ou perd son bridge. Je ne suis pas Mary Poppins, je n'ai pas de matériel sur moi. 

- La drague sur meetic ou du moins avec photo de profil. Personne n'a envie que son patient le reconnaisse en rentrant dans le cabinet "tiens salut chaudasse76 !".

- Les sorties pour faire les courses ou le marché sans maquillage habillée comme un as de pique.

- Se mettre minable dans un bar et  danser avec un mec tout content de faire la bise à son dentiste (alors que vous ne l'aviez pas reconnu).

- Les soirées dans les clubs échangistes de votre ville (non pas que j'avais commencé) (quoique si il vous y voit c'est que vous l'avez vu aussi).

- Dans les petites bourgades, évitons aussi les scandales sexuels. Ne soyez pas la maîtresse du boucher, ni celle qui a fait un bébé dans le dos du maire. Les hommes viendront vous voir mais pas leurs femmes (solidarité féminine).

- Pas de cabaret burlesque ou tout autre activité qui implique d'être à poil sur une scène même pour rire.

- Participer à l'amour est dans le pré, ou belle toute nue. Masterchef à la limite si vous avez vraiment des dons culinaires.

- Etre nu sur un char de la marche des fiertés ou emballer son partenaire du même sexe à pleine bouche en public. Qu'on le veuille ou non, ça dérange "les vieux". (Moi aussi ça me dérange, de voir 2 beaux mecs s'embrasser et ne pas pouvoir participer).

Profitez d'un prochain déménagement ou d'une reconversion, pour tout faire valser.

Ou d'avoir une réputation assez forte pour que rien ne vous nuise. 




vendredi 16 septembre 2011

Les enfants, ces êtres maléfiques

NDLR :Il paraît que ma ligne éditoriale est moins drôle ces jours-ci, c'est juste un concours ce circonstances. Il n'y aura pas de Serge tous les jours.

Les enfants, c'est un peu comme le prince charmant, toutes les petites filles en veulent. Pour les coiffer, les habiller, les balader. Souvent on oublie le côté obscur, l'accouchement, les nuits sans sommeil, comment les faire garder, comment les élever ...

Chez le dentiste, donc sur mon fauteuil, on voit plus souvent leur face cachée. Les caprices pour ouvrir la bouche, leur gesticulation, leur 10000 questions "c'est quoi ça ?". Il vient souvent cette pensée à la question "comment éviter cela ?" = l'abstinence ne pas oublier la pilule. Bien sûr les miens seront différents vu que ce seront des demi-dieux. (Le dieu étant le père, je n'ai pas cette prétention, je suis juste chirurgien).


Le mercredi à la fac était une journée à thème, aka la journée des enfants. Appelée aussi adieu les tympans. 
Une journée en enfer, avec des enfants partout plus ou moins jeunes, plus ou moins dociles. Une journée à parler en baby talk, d'hélicoptère vert ou orange, à aspirer les joues des enfants pour leur faire rire, à compter 15 par 15 pour qu'ils gardent la bouche ouverte. Au premier c'est sympa, surtout quand elle a 5 ans, qu'elle s'appelle Rita et qu'on a jamais eu besoin de la droguer pour qu'elle soit calme. Surtout quand ils nous prennent la main en allant chercher le prof, ou en montant les escaliers pour rejoindre le box. Surtout quand ils se laissent faire en fait. 

Parfois Rita devient Moïse, nom non prédestiné, vu ses parents (et ses dents), il ne sauvera pas l'Egypte. Moïse, 2 ans presque, gros bébé à porter dans les escaliers  parce qu'à moitié shooté à cause de l'atarax. 2 ans et toutes ses dents déjà pourries. (A ce stade de la carie, parlons franchement). Le tranquillisant (hydroxyzine c'est légal ne vous inquiétez pas) ne fonctionne pas (une vague histoire de récepteurs sensoriels), je dois lui arracher 6 dents. Je n'y arrive pas. Un, je sais qu'il ne comprend rien, deux qu'il a peur. C'est le prof qui interviendra et finira au bloc pédiatrique. 

Souvent on a donc affaire à des récalcitrants. A la fac, c'était marrant, on entendait un gosse hurler à la mort pleurer, et comme on était en binôme on se séparait et 4 personnes se retrouvaient à aider le jeune praticien en détresse auditive. L'enfant pleure ou crie pour prouver son désaccord en attendant que sa mère le sauve. Les parents n'avaient pas accès aux box pour qu'on puissent les torturer allègrement. C'est faible une mère elle cède facilement face aux cris (parce qu'elle en a toute la journée). C'est normal, nous aussi au début on se laisse avoir. Puis on apprend à différencier des cris de douleurs à des cris de caprice. Si il gesticule et que tu n'as rien fait par exemple, tu sais que c'est mal barré la séance sera longue. Des vrais pleurs impliquent de vraies larmes. Je sais je suis horrible. Mais les enfants sont diaboliques.

Heureusement la pharmacie existe et a inventé l'atarax. Prescrit en tant qu'anti-histaminique (allergies), ses effets secondaires (somnolence) sont très utiles chez nous. Le petit monstre patient prend ses cuillères de sirop une heure et une demi-heure avant, et techniquement on a la paix royale. "Il a bien pris son sirop, ouh c'est bien ça, c'est bien !!!" . Si d'aventure le patient a plus qu'un problème d'anxiété (troubles mentaux, trouble du comportement), il peut être traité sous MEOPA. Là ils sont encore plus shootés. J'ai déjà essayé un mélange à 6 (pas le maximum), avec un masque, 1 minute et j'ai adoré je plannais et on peut dire que ça marche très bien (effet obtenu = saoule sans avoir bu)



La fac pour les enfants c'est magique, on soigne tous les petits rejetés par les cabinets de ville. Qui n'ont pas le courage ni les moyens de les calmer. C'est facile de soigner quelqu'un quand 4 personnes lui tiennent une partie du corps. (La tête, les bras, un assis pour bloquer les jambes, un qui rigole). Ne jamais sous-estimer la force développée par un gamin de 6 ans quand il se débat. Je me suis faite soulevée une fois et j'étais assise sur lui. Nous ne sommes pas des monstres, c'est pourquoi je tairais la façon archaïque que nous avons pour qu'ils ouvrent la bouche en 1 minute (ça implique un réflexe nauséeux) puis que nous avons de la garder ouverte avec un bouchon de champagne (bouchon de vin trop petit). 

Ah ça me manque ces journées à tenir des enfants hurlants "je veux de l'eau" avec la même voix que l'actrice de l’exorciste ! Ces êtres si mignons qui se transforment en démon et qui se font vomir sur le fauteuil (avec un concours à la clé "chope le haricot avant qu'il ne retapisse ta blouse ou la pièce"), qui font pipi ou qui te transmettent leur poux.




Le véritable problème de ces enfants, est leur parents. Ou plutôt leur éducation. De quoi faire passer en décret national l'utilisation de la fessée, ou de la punition. Le règne de l'enfant-roi fait des ravages et pas seulement dans les familles défavorisées. Ce qui tue le plus c'est la capacité des parents à te faire croire que leur enfant s'achète à 6 ans tout seul des bonbons et qu'il les boulotte toute la journée sans que ça dérange personne. Certains poussent le vice à te l'emmener au rendez-vous avec un soda à la main. 

L'autre souci reste l'anxiété des parents transmise au bambin la veille du rendez-vous. Au lieu de préparer calmement l'enfant à nous voir, ils les terrorisent en leur disant qu'ils vont avoir mal mais qu'ils n'ont pas le choix, qu'ils l'ont mérité vu  qu'ils ne sont pas brossé les dents. 

Rappelons pour finir qu'un enfant ne reproduit que les gestes de son environnement proche. Donc si il ne vous voit jamais vous brosser les dents c'est normal qu'il ne le fasse pas seul.




Update: Certaines personnes ne comprenant ni l'ironie ni l'humour au 35 ème degré et prenant tout ce qui est écrit comme vérité, je vous invite avant de me dire que je manque de psychologie, de patience (d'empathie), à lire, parcourir le reste du blog.

Comme je suis sympa je vous ai sélectionné 2 autres notes sur un thème similaire. 

 http://docteurcarie.blogspot.fr/2012/07/victoria.html
http://docteurcarie.blogspot.fr/2014/06/double-peine.html

jeudi 15 septembre 2011

36 15 excuses bidons

Les patients qui ne viennent pas et qui ne préviennent pas sont légion.

Tout le monde a le droit d'être malade, mais y en a qui cumulent la malchance ...

Le pire reste que souvent ils ne s'excusent même pas à la prochaine séance, ou alors fournissent une excuse tellement bidon qu'on sent bien qu'ils nous prennent pour des cons.

Un peu de franchise fait du bien. Reconnaître qu'on ne s'est pas levé, qu'on a oublié ...

J'ai du avoir une fois une réponse honnête d'un patient en retard "pour tout vous dire je vous avais complètement zappée j'étais à un barbecue et après je me suis souvenu ...".

Liste non exhaustive : 

- J'ai enterré ma grand-mère (celle qui est déjà morte 2 fois entre 2007 et 2010).

- J'avais mal ça faisait 2 nuits que je dormais plus, c'était ma première vraie nuit alors je me suis pas levé.

- J'ai pas loupé 3 rendez-vous avec votre collègue, j'en ai loupé un et j'ai annulé les autres dans ma tête (ce qui revient au même).

- J'avais plus mal alors j'ai pas voulu vous déranger. 

- J'ai essayé d'appeler 15 fois mais y avait personne. Essaye de pas appeler avant 8h, ni à 13h ou 20h30 ...

- J'ai pas pu venir, mon garage était inondé (il avait pas plu la veille et il y avait un grand soleil).

- J'ai eu un accident de voiture (et la fois d'avant mon garage était inondé, j'ai vraiment pas de bol !)

- J'étais aux urgences je me suis cassé la cheville.

- J'étais aux urgences, là (20 min après le début du rendez-vous) je suis chez moi mais je peux pas assurer le rendez-vous de mon fils qui avait été pris à la suite.

- Je me suis habillée, je suis sortie et à l'arrêt de bus, je me suis rendue compte que j'étais trop malade alors je suis rentrée chez moi.

- Je suis pas venu, j'étais en vacances.

- J'envoie ma femme en messager : il est pas venu, il vous a pas appelé ? (joue l'étonnement méthode actor's studio), il a été appelé d'urgences par son boulot.

- Mon mari n'avait pas envie de se lever n'a pas pu venir, je prends sa place.

mercredi 14 septembre 2011

Serge

J'aurais adoré sauver des vies mais cela suppose un quota de morts. Qu'on le veuille ou non, être soignant c'est être amené à faire face à des situations où nous restons impuissants.

Normalement dans mon métier, jamais nous annonçons une mort proche ou probable, jamais nous ne prenons la décision de prescrire un cocktail hypnovel-morphine (effet souhaité = soulager le patient par une mort paisible quand "plus rien" ne fonctionne), jamais nous n'avons la vie (ou la mort) entre nos doigts. 

Jamais nous ne culpabilisons de partir "à l'heure" du service (soit 2 h après la fin pour les internes) alors qu'un patient à l'état inquiètant "fait son entrée". Jamais nous nous empêchons de dormir en repensant à cet enfant entre la vie et la mort, à cette mère qui compte sur vous, les grands-parents qui vous regarde avec de grands yeux.

Bien sûr, on peut vivre par procuration. Idolâtrer les internes (ces futurs médecins) comme je l'ai toujours fait. Les regarder avec respect car ils nous sauveront peut-être la vie un jour, ou celle de nos proches, parce qu'ils seront aussi un allié utile dans notre exercice futur. Nous pouvons vivre avec eux, pour partager leur quotidien. Et leur planning qui rend fou de jalousie. L’hôpital en premier, toi en second. Ils t'apprendront ce que c'est qu'un bon bleu (un mort) et tant d'autres choses.

Et quand tu vois leur tête, cette impossibilité d'avoir une absence d'empathie, ce mélange de colère teintée de tristesse. "J'en ai encore perdu un".  Tu es contente de n'être que chirurgien dentiste. 

J'ai rencontré Serge en 5 ème année. Vacation d'urgence. Urgence dentaire. Il a mal, au fond à droite. Il a suffit d'une inspection au miroir pour que je voie que "c'était mal barré". J'ai appelé l'enseignant en répondant au patient que ce qu'il avait n'était pas "normal". J'ai dit mon diagnostic à l'enseignant. Il a regardé, et m'a dit de monter en chir. (Les chirurgiens que ce soit en médecine ou en dentaire sont toujours vénérés comme des dieux). Le patient m'a suivi, un peu perdu. L'interne a jeté un oeil, le prof de chir aussi, je crois me rappeler qu'ils ont pris des photos. Le prof a appelé l'ORL, il a eu un rendez-vous sur le champ (l'avantage d'être en hospitalier). Il m'a demandé d'escorter le patient.

On était tous les 3,  Serge, une attaché et moi dans ce couloir qui transite entre le CHR et le CHU. Personne d'autre que nous. Ce silence brisé par les questions du patient. Ces mots qu'il a entendu "peut-être un cancer", "biposie". J'étais partagée entre l'envie de lui dire "la vérité" et celle de laisser l'honneur à ma consoeur plus vieille/plus expérimentée. Elle n'a rien dit non plus. Il a vu l'ORL, puis revu mon prof. 

Il a eu de la chance. Les cancers buccaux nous font peur quand ils sont très insidieux et invasifs, généralement découverts tardivement du fait du mélange déni/absence d'hygiène des patients porteurs.

Quand ils sont diagnostiqués, ils sont déjà à un stade très avancé. Stade où l'ablation tumorale par chirurgie ampute de la moitié de la langue, des dents et de l'os environnant, où si tu as la chance de survivre après 5 ans, ton visage sera marqué à vie. 

Serge a eu la chance dans son malheur. Sa tumeur était placée sur l'os derrière sa dernière dent et non pas sur la langue (cas classique). L'os réagit plus rapidement à la douleur. Dans la classification, il était à un stade 1, pas de métastases, opérable. Le prof l'a "préparé" à sa radiothérapie, et il s'en est sorti.

Ce jour-là j'étais contente de ne pas avoir à gérer ce type de situations au quotidien. 

Souvent je me remémore une phrase lue dans "le choeur des femmes " de Martin Winckler :  tu ne les empêcheras pas de mourir, au mieux tu leur éviteras de mourir ce jour-là ...


NDLR: la photo est par


lundi 12 septembre 2011

Madame Propre

Je suis une obsédée de l'hygiène.

Je ne me rappelle plus si c'est arrivé avant de commencer mes études ou ensuite par déformation professionnelle.

Je suis du genre à ne jamais me coucher sans me brosser les dents même quand mon état n'est plus décent. 

Je ne peux pas ne pas me laver en rentrant du boulot le soir. Même si je me suis douchée le matin. Entre les odeurs d'eugénol, des produits d'entretien, des bactéries des patients et autres, je me sens souillée. 

Bien sûr je fais partie de cette génération qui travaille en tenue complète, haut tunique et bas de pantalon blanc. Le blanc est la couleur qui s'impose vite, rapport aux tâches. Vu le prix des blouses et la caractère sournois et in-détachable de la plupart des produits manipulés, on préfère toujours pouvoir javelliser, la bonne vieille technique pour "tout rattraper".  Je n'arrive toujours pas à comprendre certains de mes collègues qui sont en jean/chino en bas. Qui donc rentrent chez eux, s'assoient sur leurs sièges, canapés voire lit avec la "saleté" du cabinet.

Même si le fauteuil est nettoyé plus de 15 fois par jour, je ne m'y allongerais pas pour faire ma sieste. Je préfère  m'asseoir sur mon siège et m'affaler sur le plan de travail.

J'ai une capacité assez inquiétante de recours au gel hydro-alcoolique pour me laver les mains. Solution assez révolutionnaire qui permet en hiver de ne pas se gercer les mains avec les 30 lavages quotidiens au savon, et le reste de l'année d’économiser le temps de séchage.

Je l'aime tellement ce gel que j'en ai 2 dans mon sac, un en train et un d'avance (au cas où il y aurait la guerre).

Je l'utilise en sortant du métro, du train, des restos, avant d'aller aux toilettes, après si il n'y a pas de sèche-main. Ou un tout-pourri qui ne sèche qu'à moitié. Mains pas sèches, mains pas propres. Qu'est-ce que j'aime les dyson ! Mais surtout les distributeurs de papier, qui permettent de pousser la porte pour sortir ensuite. Car le plus dégueulasse reste que la plupart des gens ne se lavent pas les mains, et les mettent partout.

Dans le métro, l'hiver ça reste correct vu que j'ai des gants (avec lequel je ne me touche pas le visage), l'été je scrute la foule pour que quelqu'un ouvre la porte à ma place. Idem devant un macdo, ma soeur aussi toquée que moi reste aussi figée devant jusqu'à ce que ça s'ouvre.

Ma folie du manugel a eu ma peau. J'ai été obligée de repasser au savon au cabinet, mes mains pelaient comme si on était en hiver. Mais il est toujours au fond de mon sac. Non même pas au fond en fait, il a une poche spéciale.

Mon hygiènisme touche mon entourage; ainsi l'amoureux n'a pas le droit de me toucher le visage si je n'ai pas de preuve écrite il n'a pas les mains propres.  Il me regarde parfois en se moquant de moi "t'as les mains propres ?". Remarquez je lui fais aussi le coup du "tu t'es brossé les dents/on va se brosser les dents et on y va ?". Maintenant quand on arrive au resto et que je sors le manugel, il tend les mains. 

Notez que j'adore l'odeur du savon noir de mon appart propre.

Mais que les carreaux je les fais toujours pas ...

vendredi 9 septembre 2011

Ce fléau qu'est l'haleine fétide ...



Souvent un masque ne suffit pas à camoufler une haleine de putois  pas fraîche.

Parfois rien qu'en gagnant le cabinet, un coup de vent malheureux ou un croisement trop proche avec un tierce personne et vous voilà propulsée dans un monde parallèle où vous seriez coincée (avec dégoût) dans un sac poubelle.

Je n'évoque même pas le métro, ou autres transports en commun, où quand notre taille ne nous permet pas d'accéder à de "l'air pur", nous restons en apnée. L'odeur s'échappe même des bouches fermées par le nez (grâce à cette fameuse communication bucco-nasale). Le souffle de cet homme d'affaire au demeurant bien apprêté vous donne envie de lui donner une pastille à la menthe (mais ma maman m'a dit de ne pas donner de bonbons aux inconnus).

Personne n'a une haleine fraîche le matin au réveil. Suivant la consommation de la veille (statut hydrique plus ou moins équilibré), la bien-nommée "haleine de poney" varie.

Je n'ai jamais compris pourquoi (WHY GOD WHY ?) certains (dont ma génitrice) se lavent les dents non pas après leur petit-déjeuner mais AVANT. Je veux dire, à moins d'aller bruncher au Crillon, la logique veut  qu'une fois levé, dans la foulée on avale un truc. Donc le nettoyage des dents peut attendre 30 minutes. (A moins que vous souffriez d'un TOC et là je ne peux rien faire ).

Je vous vois venir avec votre "je n'ai bu qu'un café". Justement. Si l'on peut contester le pouvoir cariogène du café (si il est sans sucre), son action néfaste sur les gencives, tout le monde fera le constat qu'après un expresso/ristretto/[...] on "pue du bec".

Ce fléau est insidieux. Parce que les dents sont propres, aucun bout de salade n'est coincée entre, aucune mycose ne traîne sur votre langue, vous n'avez pas de reflux gastro-oesophagien, en somme aucune raison de sentir mauvais de la bouche. Vous ne vous en rendez même plus compte. Personne ne vous a jamais rien dit. Comme si cela ne suffisait pas, vous en buvez plusieurs de cafés par jour. Vous papotez à la machine à café à 10h, après le repas de midi, puis dans l'aprem pour donner un dernier coup de pep's. A chaque fois, vous ne vous brossez pas les dents après.

Pour ma part, non amatrice de café, si je me trouve pas dans un bus entre 13 et 14 h (après le déjeuner du commun des mortels), j'ai l'impression qu'un buffet d'andouillettes fait partie du voyage. (Je n'aime pas l'andouillette non plus vous avez compris). Or cela me paraît peu probable qu'autant de gens en mangent tous les midis (même dans une région productrice). 

Mes amis luttons.

Instaurons le verre d'eau de rinçage (bien connu dans les vrais cafés italiens). 

Instaurons le mâchage de chewing-gum (recommandés par l'UFSBD).

Instaurons le brossage de dents le matin après le petit-déjeuner.

Cela vaut pour tous les liquides ingérés chauds, sauf le thé qui étant composé à majorité d'eau laisse une haleine quasi-intacte (surtout le thé vert gin fizz). Les boissons froides donc fraîches laissent une haleine délicatement parfumée (si vous n'y mettez pas un litre d'alcool en diluant).

Tant qu'on y est, pour éviter de se lever avec un poney dans le lit, apprenons à nos conjoints à se laver les dents avant de se coucher. Apprenons-leur ce geste qui sauve même si ils rentrent raides bourrés saouls.   Ne soyons tout de même pas de barbares et laissons-les dormir en paix si ils rentrent sur une brouette ou allongés sur le terre-plein d'un boulevard parisien. (L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération). 



Si vous souffrez d'une haleine fétide (et que vous êtes sobre), différents choix s'offrent à vous 

- changez de brosse à dent

- consultez votre dentiste pour un détartrage (après un bon dégrossissage si vous n'avez pas croisé un ultra-son depuis 4 ans vous sentirez la différence)

- courrez à l'épicerie la pharmacie acheter un gratte-langue et du bain de bouche spécifique pour l'halitose, vos amis vous remercieront

- arrêtez l'andouillette 

- achetez des actions chez Freedent/Hollywood 

Une bouche saine (en l'absence de troubles sensoriels, ou troubles gastriques) ne sent pas. Enfin si vous ne fumez pas. 




mercredi 7 septembre 2011

On ne naît pas dentiste, on le devient.

D'où vient la vocation ? Cette force immuable qui te permet d'admirer du pus sortir des gencives enflammées de tes patients (j'espère que vous ne mangiez pas), de sentir des haleines fétides (on y reviendra) sans perdre l'appétit, de voir des bouches dans un état proche de la ville du Havre après les bombardements (expression trouvée hier).

Quand j'étais petite, j'adorais mon dentiste. Mais je le regardais pas avec les yeux émus de ces personnes qui voient leur avenir tout tracé. J'admirais la déco, plus particulièrement le portrait de ses 3 fils, dont un dans mon collège, beau à se damner. J'étais jeune et déjà ma mère savait que j'aurais bien du soucis avec les hommes. Un jour le portrait des fils devenus grands a été remplacé par la photo du chien de la famille (à moins que ce soit un voilier ?), mais j'y suis quand même retournée.

J'ai toujours eu la fibre scientifique, option biologie. Je rêvais de panser les plaies dans un hopital pendant que ma soeur vendrait des glaces en bas. Mais j'avais 8 ans.

Ensuite, baignée dans un environnement pro-enseignement, j'ai voulu devenir prof. De français. Mais mon père m'a dit "y a pas moyen que tu fasses pas S". Donc j'ai cherche autre chose (non je n'étais pas du genre rebelle). Un boulot sympa où tu gagnes plein de thunes et tu joues avec du matos compliqué soignes des gens sans trop te compliquer la vie. En 4 ème, je me destinais alors à devenir opthalmo.

Puis une cousine avait embrassé des études de médecine, et je ne voulais pas qu'on croit que je l'avais copié, alors j'ai choisi un spécialité (enfin choisi de choisir), la pédiatrie.

Quelqu'un m'a dit que tu m'aimais encore que c'était pas si génial d'entendre des enfants brailler toute la journée en salle d'attente (une pensée pour leurs assistantes). A ce moment-là, j'étais bachelière et inscrite en fac de médecine (prête à tout déchirer).

C'était un lundi. 2 ou 3 semaines après la rentrée, grosse réflexion que connaissent les bizuths. Qu'est-ce que je fais là ??? Vais-je vraiment devoir me farcir encore 6 ans d'années de cours magistraux en amphi avant de savoir ce que j'allais devenir, avant de palper vraiment un patient. Je voulais du concret (et me tirer de cette fac qui me foutait la trouille). C'est arrivé comme une envie pressante. J'ai décidé de devenir dentiste.

Puis je n'ai jamais changé d'avis.

J'ai vite compris que primo j'aurais plein de nouveaux amis (ceux qui savaient que je leur piquerais pas de places au classement) et deuxio j'avais un nouvel objectif, devenir major de promo et être la première bizuth de l'histoire de la fac de dire "j'ai choisi dentaire". J'ai presque réussi.

Finalement dans le monde merveilleux de la 2ème année dentaire, on retrouve la même chose qu'en médecine, du sang des larmes une intégration alcoolisée, des profs qui se la pètent, plein de nouveaux camarades, des chansons paillardes à chanter. Mais le bonus c'était les travaux pratiques. Là c'est la partie si j'avais su je serais pas venue.

Dans ma grande excitation de primante, j'avais zappé que dentiste = travail manuel = pas un boulot pour les manchots comme moi.

Ce fut dur (pas que pour moi) mais un jour ça allait mieux (heureusement pour mes futurs patients). Quand j'y repense je m'épâte moi-même, après être venue de si loin.

Je n'ai jamais regretté mon choix sauf quand je pleurais parce que je n'en pouvais plus.


lundi 5 septembre 2011

Que fait le dentiste entre 2 patients ?

Vous ne vous demandez jamais pourquoi votre dentiste ne vous prend pas à l'heure ?

Pourquoi vous attendez  alors que vous avez le premier rendez-vous ? 

On a beau adorer son métier, le plus dur c'est de commencer la journée.

- Votre dentiste vous manque de respect et arrive en retard systématiquement tous les matins (et tous les midis après sa pause déjeuner). Il pousse parfois le vice à prendre son café et taper la discut' avec ses assistantes alors que vous êtes en salle d'attente et que vous entendez tout. Je consulte un spécialiste qui a systématiquement 30 minutes minimum de retard, à chaque fois; j'ai changé l'heure pour éviter de passer en fin de journée (là où on a plus de chances d'accuser le coup) pour prendre le premier rendez-vous de l'aprem. En fait elle terminait sa pause déjeuner en retard et revenait comme si de rien n'était au cabinet.

- Il est samedi matin 8h15, votre dentiste pour conjurer le sort a bu la veille et a du se battre avec son réveil le matin même. "Comment ça il est 7h ? Mais je veux dormir moi !". Au moment même où vous vous dites que vous aussi vous seriez bien resté au lit (si vos 3 gosses ne faisaient pas du trampoline sur le lit conjugal ), il est en train de courir (en se disant à chaque fois la semaine prochaine je sors pas).

- Votre dentiste est un geek. A l'heure où il aurait du partir pour être à l'heure, il était en train de faire son shopping sur le net. Mettre des robes dans un panier virtuel c'est très prenant. Votre dentiste est humain après tout !

-Votre dentiste a des problèmes existentiels, il ne sait pas quelle paire de chaussures choisir. Vous ne les verrez pas mais c'est TRES important.

-"Et puis c'est quoi cette mèche qui veut pas se coiffer ? C'est quoi cette tête. M'en fous j'ai un masque il me reconnaîtront pas ..."

- Il neige. Dans un élan de dévotion (et avec ce rappel en tête que si on travaille pas, on gagne pas d'argent), votre dentiste prend sa voiture non équipée de pneus adéquats pour rejoindre le cabinet. Il a tapé 3 trottoirs, loupés 2 ronds-points, crié après 10 automobilistes qui n'avançaient pas sur l'autoroute salée, garé sa voiture et quand il arrive vous n'êtes pas là. Dans votre grande mansuétude, vous avez pensé lui faire plaisir en restant chez vous. Le lendemain, vous direz à votre assistante que vous arriverez quand vous arriverez, ou même que vous avez piscine (et que vous ne bougerez pas).

-Votre dentiste est un super-héros, il a tenté de sauver une vie sur son chemin.

Pourquoi vous attendez alors que vous savez que vous n'entendez plus les enfants pleurer  la turbine turbiner ?


On a toujours une excuse pour les 5-10 min de battements. Jamais quand ça dépasse la demi-heure. Là la moindre des choses quand on ne gère pas bien son planning, c'est de prévenir le patient qui attend pour lui donner le choix de partir tant qu'il est encore temps d'attendre encore plus.

- La plus grande probabilité est que le cabinet est en phase nettoyage-rangeage. Il y a 5 minutes incompressibles pour souffler et se retourner avant de prendre le patient suivant.

- Vous êtes arrivés en retard la fois précédente et il vous le fait payer.

- Il reçoit un visiteur médical. Et il arrive pas à le virer/ "Tu vas les lâcher les échantillons oui !"

- Il y a 2 types de patients, ceux qu'on prend à l'heure et ceux qu'on fait attendre. Quand on les fait attendre, c'est une manoeuvre déguisée pour se débarrasser du patient chiant très embêtant en le dégoûtant, ou du cas trop compliqué qui déprime par avance (le patient qui ouvre pas la bouche alors qu'on doit aller bosser sur la dernière molaire). Généralement l'assistante pousse un peu (elle compatit aussi car le patient chiant emmerde tout le monde elle SAIT). Encore une fois serment d'hypocrite en tête (mêlé à cette voix qui te dit "maman j'veux pas"), tu finis par le prendre. Et il est toujours là.

-Par principe. Je ne prends jamais un patient en avance, à part si c'est le dernier. Plus vite commencé, plus vite fini. Oui et non. Faut se motiver. Il faut habituer un patient à attendre (patient = patienter non ?). Sinon le jour où vous le prenez à 8h15 le samedi matin, il est là à 8h et sait que vous arrivez en dégoulinant courant. Pas de témoins pas de preuves.

- Il se bat avec l'informatique qui l'a lâché; le téléphone qui n'arrête pas de sonner, l'halogène qu'il faut changer, ah non c'était le fusible, comment vous vouliez que je devine ???

-Votre dentiste est un être humain : (Liste non exhaustive )

      - Il fait sa pause pipi.

      - Il finit sa salade de pâtes.

      - Il finit son sudoku.

     - Il finit sa grille de mots fléchés (il en avait marre des sudoku du 20 minutes, les moyens sont trop durs).

      - Il commence sa sieste.

      - Il termine sa sieste.

      - Il a une discussion CAPITALE avec son assistante. Le sac avec ou sans rabat ?

      - Il sèche ses larmes parce qu'il s'est fait larguer.

      - Il est en plein discussion sur facebook/gtalk ...

      - Il lance une enchère sur Ebay.

      - Il drague sur meetic.

      - Il fricote avec l'assistante/un(e) collègue.

      - Il finit son livre.

      - Il se prend une rasade de mélange de protoxyde d'azote et d'oxygène.


- Vous êtes arrivés en douce et il ne vous attendait plus. Non mais c'est vrai, prévenez quoi !


Un sourire denté, un papillonnement de cils, un petit "excusez-moi" et le tour est joué ...


vendredi 2 septembre 2011

La maison ne fait pas crédit (ah bon ?).

Ça vous viendrait jamais à l'idée d'aller faire les courses et de dire à la caissière une fois le caddie rempli "bon bah je vous payerais la semaine prochaine ! A la revoyure !" ?

Ça vous viendrait jamais à l'idée d'aller chercher un frigo chez Darty et de dire à la fin : "Vous allez rigoler mais  j'ai rien pris pour régler !"  Là tel que vous me voyez je suis à mon maximum. (entendu dans Lol)

Ça vous viendrait jamais à l'idée de dire "j'ai déjà payé la dernière fois" après avoir fini votre plein (remarquez ils sont pas bêtes ils nous font passer la CB avant) ?

Ça vous viendrait jamais à l'idée de dire à votre médecin que vous avez appelé au milieu de la nuit parce que votre enfant hurlait la mort "mais c'est pas gratuit ?" ?

Ça vous viendrait jamais à l'idée de dire au propriétaire de votre appart' "c'est trop cher je veux pas payer" ?

Vous ne vous énerveriez pas si votre patron à la fin du mois vous disait "bon Dupont j'ai plus les ronds, on verra le mois prochain ! (attention rime inside) ?

J'aime quand un patient arrive et dit j'ai 40 euros sur moi, on peut faire quoi ? (ça ressemble un peu au "je vais enlever le paquet de lessive pour avoir le compte juste). 

Sous prétexte qu'on est blindés de thunes et qu'on roule tous au moins en Ferrari, vous vous dites que de temps en temps nous pouvons bien faire un cadeau ! (vas-y mon dentiste c'est un sale rat)

Premièrement on ne roule pas tous en cabriolet (j'en connais qui ont une Twingo la honte) (deux en plus) (verte ancien modèle). 

Deuxièmement on est pas si riches. Certes si notre carnet de rendez-vous est rempli, on vit bien. Comme un cadre qui a fait 5 ans d'études. Pas comme un ministre qui cumule les mandats. On est libéraux. Notre chiffre d'affaire c'est du brut ++. Notre caisse de retraite nous taxe sa mère beaucoup. L'URSSAF qui est prélevé directement dans votre bulletin de salaire nous est débité avec une année de décalage. On paie nos laboratoires de prothèse (qui ne sont pas chinois mais qui emploient des vrais gens qui doivent manger aussi), nos assistantes, l’électricité ... Pas de congés payés ni de congé mat', ni d'arrêt maladie non plus notez. Bref au final on a selon la situation professionnelle (collaborateur, associé, titulaire) entre 25 et 40 % de notre chiffre d'affaire.

Bref tout travail mérite salaire.

A se demander si on devrait pas faire une empreinte de la carte de crédit dès le départ (ou prendre un enfant en otage) ...

Vous êtes remboursés à 70 % par la caisse d'assurance maladie. (Voire 100 % si vous travaillez à la SNCF).

Votre mutuelle (si vous avez les moyens d'en payer une ) vous rembourse les 30 % restants.

Bilan vous avancez et vous êtes remboursés.

On est arrangeant. On met le chèque en attente.

Le mauvais payeur est loin d'être bête. Il dissimule très bien qu'il est venu les mains dans les poches. Il pleurait  le matin au téléphone pour que vous le preniez en urgence et il vient directement du bureau sans rien.

"Vous ne prenez pas la carte bleue, c'est trop dommage c'est tout ce que j'avais !" Vous pouvez traverser la rue  et débiter au gabier en face. "Je peux pas j'ai piscine". (tiens moi aussi on va surement se croiser !)

Les chèques en bois j'en ai pas eu (encore) heureusement.

Les lettres de rappel je connais. Comme si ça me faisait plaisir de dire à la 3ème lettre qu'en l'absence de règlement dans un délai raisonnable nous prendrons toutes les mesures adéquates pour recourir au recouvrement des sommes dues. Surtout que l'huissier coûte plus cher que la somme qu'on va récupérer. Inutile de dire que vous pourrez toujours vous gratter, crever la gueule ouverte, rêver pour qu'on vous reçoive à nouveau (à moins qu'on ait une nouvelle collaboratrice et qu'on doive lui refiler tous nos cas pourris).

Le pire du pire c'est le mauvais payeur qui te règle 5 mois après et qui t'engueule au téléphone parce que tu as "osé débiter le chèque 2 semaines après son émission alors que j'avais dit à l'assistante que j’appellerais avant". NON MAIS T'ES SÉRIEUSE OU BIEN ? (notez j'aurais bien aimé lui dire mais elle avait raccroché avant la chienne)

On finit par prendre des mesures coercitives (tiens j'ai jamais cru que j’emploierais ce terme un jour).
A ne plus faire confiance au quidam moyen. A lui demander 30 % d’acompte avant de commencer un travail prothétique (pour couvrir les frais du laboratoire qu'on paiera parce qu'on paie nos prestataires nous). Je leur louperai bien le soin suivant mais je suis trop altruiste pour ça. 

Heureusement que la plupart des patients sont honnêtes et paient. Sinon on aurait installé un service d'ordre. 



jeudi 1 septembre 2011

Mon référent

A la fac, quand on a une interrogation, un problème, un doute, on trouve toujours quelqu'un vers qui se tourner. Un prof, ils sont là pour ça, les assistants, les internes, nos camarades, on en croise toujours un dans le couloir. (à part à 7h30, là c'est que les femmes de ménage).

Quand on passe en 4 ème année, on entame la formation clinique à l’hôpital comme les étudiants en médecine, on devient externe. Dans les couloirs du service, il y a toujours au moins une personne auprès de qui se plaindre du patient qui n'est pas venu, qu'on a pas de travail, qu'on est désespéré par ce cas de m***** ... Toujours quelqu'un à qui parler.

Et puis un jour. PAF ! T'es thésée. Libérée. Tu l'as voulu en même temps. Partir de cette fac, de ce système où les soins avancent à 2 à l'heure. Où tu est payée des clopinettes (220 euros par mois en 6 ème année pour une présence de 3 jours par semaine). 

Qui dit libération dit installation dans le libéral (le but premier du dentiste est de s'épanouir ailleurs que dans un hôpital). Et tu te retrouves en collaboration dans un bled paumé, avec  pour seul confrère un vieux qui radote (et te raconte qu'il est le descendant d'un duc de Nice au 17 ème siècle). Bien sûr il reste les assistantes, auprès de qui tu peux te plaindre du sus-mentionné collaborateur. Et qui seront d'un soutien sans faille quand tu te sépareras de ton ex.

En somme, tu es seule face à tes patients, à leurs questions auxquelles tu ne trouves aucune réponse, à leur agressivité, leurs pathologies. Autour de toi, évaporés les profs, les internes, les collègues. Tu es SEULE AU MONDE. 

Ça c'était avant facebook. J'ai vite commencé à me connecter et raconter mes problèmes à mes amis virtuels. Au moins pour trouver un soutien ou un réconfort. C'est jamais facile de débarquer d'un monde où tu es sur-couvée, où chacun de tes actes sont surveillés à un univers où tu es libre mais aussi sans parachute, responsable pour chaque geste. C'est un peu comme quand on quitte le foyer familial et qu'on se retrouve face à un problème de plomberie (que le père aurait très bien réglé) et que t'as juste envie de pleurer (et que tu te dis qu'il faut vraiment trouver un mec pour le bricolage). 

Puis sur facebook j'ai retrouvé un ancien camarade avec qui je n'entretenais pas des rapports plus intimes que ça. Mais qui est devenu mon confident. Et mon référent. Que j'appelle tous les soirs pour lui raconter ma vie et ma journée avec mes patients. Avec qui je ré-analyse les cas où j'ai buté, les patients qui m'ont fait rire ou au contraire énervé. Qui me fait avancer, me questionner. Qui me permet de ne pas rester là dans mon exercice omnipratique butée sur mes acquis. Qui me donne des idées même si on est pas d'accord. C'est dur se rester dans le bain après ses études, quand on a atteint le point de "gavage" où on ne peut ingérer d'autres connaissances, où on veut juste pratiquer. C'est plus simple quand quelqu'un vous reparle de cours oubliés. Au même âge, 2 praticiens n'ont jamais une expérience identique . Chaque cas est unique. Si il a eu une tuile avant vous c'est mieux, vous en aurez d'autres pour lui. L'expérience est le nom que l'on donne à nos échecs ! 

Ce sont des petites choses mais pouvoir se décharger de ce qui nous a qui empoisonné le quotidien  change la vie. Permet aussi de passer une fin de soirée plus reposée. De parler d'autre chose à ton homme. Qui n'a pas fait dentaire, ni médecine. Et qui ne peut pas t'aider à dévitaliser ta dent (ton ami non plus mais au moins il comprend). Il n'y a rien de plus énervant qu'une réunion impromptue de dentistes qui étaient venus pour boire un verre et s'amuser et qui finissent par ne parler que de ça (au grand dam des néophytes mais c'est la même chose quand on est la seule intruse au milieu d'un tas d'interne).

Tout d'un coup au milieu de ce doute et de cette honte parfois à avouer que tu te sens bien bête à ne pas savoir quoi faire, quoi répondre, tu n'es plus seule.



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