mardi 18 septembre 2012

Faut-il garder ses amalgames dentaires ?

Il est temps de donner enfin mon point de vue sur la question. Pour ou contre les amalgames dentaires ? Toxicité ou non toxicité ?



Pour commencer, nous allons faire un cours de biomatériau et regarder la composition d'un amalgame dentaire

Premier point, malgré son appellation dans le langage commun de "plombage", il n'y a jamais eu un seul gramme de plomb dans sa composition. 

Le composant majeur (40 à 70 % en poids) est l'argent d'où le nom scientifique d'amalgame d'argent. 

Deuxièmement il y a différentes générations d'amalgames, les vieilles ont le plus de mercure, les nouvelles quasiment plus. Les vieilles étaient préparées avec un amalgamateur qui produisait des vapeurs toxiques pour le praticien et son assistante (le patient moins, car comme pour la radio il ne passe pas 35 heures par semaine au cabinet). Aujourd'hui il est entreposé en capsules, que l'on vibre, la poche de mercure est percée durant le processus mais aucune fuite n'est possible (contenu toujours dans la capsule).





Bon il existera toujours des personnes pour dire que le lobby des dentistes est si puissant que même le conseil de l'ordre est vérolé, que l'on sait que c'est toxique et que l'on ment. Oui le mercure est toxique mais quand on consomme un poisson péché en mer il en contient autant. Le maximum de toxicité est obtenue lors de la pose (il y a 30 ans pendant la préparation également du fait des vapeurs et du mélange) si des excès tombent dans la cavité buccale mais nous ne sommes pas des sagouins, l'aspiration ça existe ... et durant la dépose. Effectivement quand on élimine les anciens amalgames pour les remplacer par du composite, les poussières et débris peuvent être ingérés ou inhalés. Là encore l'aspiration existe (le champ opératoire aussi pour isoler).

La disparition des cabinets dentaires de l'amalgame dentaire est un grand regret pour la plupart de mes confrères. 

Son utilisation a été supplantée par l'essor du composite pour raison esthétique et aussi écologique. De nombreux cabinets ont arrêté "d'en poser" du fait de la collecte des débris d'amalgames qui passe par une filière différente du traitement des déchets infectieux. 

Certes l'amalgame dentaire est aussi gris et argenté que le composite se confond avec la dent mais ses propriétés mécaniques et sa tolérance aux liquides biologiques en faisait un matériau de choix dans de nombreux cas.

Un patient qui présente de nombreuses caries par manque d'hygiène se voit maintenant sortir avec des composites sur toutes ses caries. Là où le joint de l'amalgame était étanche, celui du composite s'altère avec les années (d'où cette coloration brunâtre qui apparaît). De nouvelles caries apparaissent si le patient n'est pas vigilant. Il existe très peu des cas de reprise de carie sous un amalgame. Il peut durer toute une vie contrairement au composite. Ses seuls inconvénients (avec la teinte inesthétique) sont qu'il n'adhèrent pas à la dent, la cavité doit avoir une certaine forme (tapez contre-dépouille dans google ) donc ils sont moins conservateurs pour la dent d'une part et présentent un risque de fracture si ils sont trop volumineux.

Le composite lui adhère à la dent, ce qui lui permet de renforcer des parois fines résiduelles qui auraient été éliminées pour poser un amalgame, ainsi il est cohésif (et plus conservateur) et créé un ensemble composite-dent plus renforcé.

VENUS FLOW

Par contre en cas de saignements gingivaux, langue trop volumineuse et salive abondante, le composite est contre-indiqué. Toutes ces petites têtes blondes pleines de caries ont maintenant la joie d'avoir de belles dents qui ont l'air propres mais qui ont de l'étanchéité que le nom. Une goutte de salive et on sait que tout est perdu, là où un amalgame aurait été plus tolérant (l'argent est bactéricide au niveau du joint).

On évoque toujours la toxicité du mercure mais si vous saviez ce que contient un composite vous auriez peur. 

L'adhésif est tellement "chimique" qu'à lui seul il peut provoquer une nécrose (mort spontanée) de la pulpe si il en est trop proche...

La disparition de l'amalgame fait des heureux, ces nombreux dentistes qui disent maintenant à leurs patients que pour reconstituer une molaire il n'existe que des reconstitutions prothétiques car leur composite est défaillant (et qu'ils ne veulent pas investir dans du composite performant). Donc ils vont vous proposer de remplacer tous vos anciens amalgames par des inlays-onlays. La peur fait parfois le bonheur des autres.

Si je suis parfois "méchante" avec mes patients quand ils ferment la bouche ou repoussent les cotons salivaires qui isolent la dent c'est pour une bonne raison, je n'ai plus d'amalgame à ma disposition et à chaque cas je dois faire preuve de force pour faire une obturation durable.

Gardez en tête qu'une dent obturée n'est pas une dent exempte à vie de carie, sous un composite cela peut revenir en un clin d'oeil...





29 commentaires:

  1. La dentisterie adhésive est une révolution dans notre petit monde; néanmoins, ses avantages fantastiques -économie tissulaire, esthétique, dispersion des contraintes- sont contrebalancés par des impératifs de mise en oeuvre...
    Un compo, un onlay, une Emax, ça se colle sous digue, et avec une bonne connaissance de la chimie des collages. Dans ce cas, et seulement dans ce cas, ils sont incroyablement performants, et leur durée de vie est bien supérieure aux volumineux amalgames foulés aux pouces et qui engendraient systématiquement fêlures et fractures. Sans compter qu'en cas de problème, les conséquences sont bien moins dramatiques que pour un amalgame... (dans le meilleur des cas, IC+Couronne, la plus belle des spécificités de notre beau pays).

    Pourtant, j'utilise encore des amalgames, qui gardent leurs indications propres; pour moi, ça se limite aux cas où la pose de champ op est impossible...


    Et toi, dans ta bouche, tu préfères un amalgame? Un compo? Pourquoi n'accordes-tu pas aux patients le droit de vouloir la même chose?

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    1. Je n'ai pas le choix car n'est pas mon cabinet et ce n'est pas à moi que revient la décision de réintroduire l'amalgame dentaire.

      Après dans ma bouche je préfère du compo si je sais que le praticien utilise tout ce dont il dispose pour maintenir une cavité sèche (digue, cotons salivaires, aspiration, canule, assistante). Je fais toujours mon maximum après il y a toujours des cas où je ne suis pas contente. Mais je suis toujours consciencieuse.

      Je n'ai pas parlé des CVIMAR car ce post s'adresse surtout à des non-dentistes, mais j'en utilise beaucoup surtout en pédo dans les cas où j'utilisais de l'amalgame avant.

      Malheureusement je connais plus de composites foulés en 1 couche plutôt que d'amalgames foulés au doigt.

      Ce post était volontairement pro-amalgame pour contrer la polémique sur la toxicité du mercure. Je ne suis pas tendre avec le composite mais je sais qu'en l'utilisant bien on peut faire des miracles, je suis moi-même très portée sur les alternatives à l'inlay-core/couronne.

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  2. Cher Monsieur, vous faites lourdement erreur.
    Les poissons contiennent BEAUCOUP moins de mercure que les amalgames. Si vos connaissances s'appuient sur la brochure de l’ADF « Pas de drame avec l’amalgame », à laquelle se réfèrent encore nombre de praticiens, sachez que celle-ci multiplie par MILLE les concentrations de mercure contenu dans les poissons, ce qui par contraste minimise infiniment la quantité de mercure relarguée par les amalgames.
    Quant aux nouveaux amalgames, ils contiennent toujours entre 40 et 50 % de mercure (Hg) ; dans le produit indiqué ici (http://www.septodont.fr/?menu=1&mode=3&id=313), il s'agit pour être exact de 39,4 %... ; là (http://www.dsmdentaire.com/prod-19273.php) il s'agit de 47,90 %... Certaines fiches "oublient" de mentionner le taux de mercure (toujours présent, par définition, dans l'amalgame) et donnent simplement la composition de la poudre.
    Je suppose que vous ne ferez pas paraître ce commentaire, cependant je préfère vous tenir informé.
    Cordialement,
    Geoffrey Begon, Délégué Général de Non Au Mercure Dentaire

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    1. Premier point, je ne suis pas un homme. Les femmes dentistes ça existe aussi ...

      Deuxième point, il n'y a pas de modération des commentaires sur ce blog.

      Troisième point, quand vous avez un amalgame en bouche seule une infime partie du mercure est libérée et non pas la totalité. La dose ingérée est moindre ou équivalente à celle quand vous mangez un poisson pêché en mer (surtout si vous en consommez souvent).

      Quatrième point, je n'ai jamais dit non plus que le mercure n'était pas toxique. Mais comme vous le savez dans notre monde industrialisé, qu'est-ce qui ne l'est pas ?

      Sinon j'ai pu voir sur votre site, que nous nous accordions sur un point; la non dépose systématique des amalgames dentaires pour leur remplacement.

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    2. Mille excuses pour la confusion de genre, je vous assure qu'il n'y a là strictement rien de sexiste, simplement un réveil trop matinal - ce qui ne m'absout pas, j'en conviens et redemande pardon.

      Concernant le mercure :
      Il ne s'agit pas d'un toxique parmi d'autres, c'est l'un des deux ou trois toxiques les plus puissants.

      Concernant le poisson :
      1) une première chose est que, si le poisson contient du mercure, c'est parce qu'il l'a absorbé dans son environnement via la pollution qui vient entre autres des amalgames.
      2) un poisson de fin de chaîne contient en moyenne 1,9 mg Hg/kg, soit 1900 μg/kg. L'Afssa recommande que la femme enceinte ne consomme pas de tels poissons au-delà de 150 g/semaine, soit 285 μg pour une semaine ou encore 41 μg par jour - sauf erreur possible de calcul.


      Concernant les amalgames :
      Une obturation dentaire de taille moyenne contient en moyenne environ 1 gramme de mercure métallique. Chaque amalgame libère en moyenne 10 à 20 μg de mercure par jour (soit une perte de 7 à 15 % en 10 ans) ; or il n’est pas rare que des patients aient dix amalgames en bouche.

      Ce mercure s’échappe des amalgames dentaires :

      1) sous forme de vapeurs, que le mercure émet dès 0°C, et qui augmentent avec le brossage, la mastication, le bruxisme, les boissons chaudes ou la cigarette. Ces vapeurs sont absorbées au niveau des sinus, des poumons, de la muqueuse buccale ; ou bien elles remontent via le nerf olfactif, directement le long des axones jusqu’aux ganglions nerveux voire jusqu’au cerveau.

      2) sous forme d’ions qui passent dans la salive : en effet, tout métal subit une oxydation au contact de l’oxygène. S’ajoutent le phénomène d’électrogalvanisme ainsi que la corrosion bactérienne. Une partie de ces ions sont ensuite tranformés par les bactéries en méthylmercure. Environ 10% des ions mercuriques et 90% du méthylmercure sont absorbés par le tube digestif.

      3) sous forme de particules, avec l’abrasion mécanique ; ces particules semblent être très peu absorbées.

      4) en migrant à travers la dent, à travers la dentine, la pulpe, la mâchoire, pour enfin rejoindre la circulation sanguine.

      On a montré par les analyses de cheveux et les mesures de mercure excrété via l’urine que les amalgames dentaires contribuent significativement, chez l’enfant comme chez l’adulte, de manière chronique et dose-dépendante, à l’exposition au mercure. L’analyse des porphyrines urinaire indique qu’une partie de ce mercure se stocke dans l’organisme de manière également dose-dépendante, notamment dans le cerveau, les reins et les glandes endocrines, où il s’accumule, comme le confirment abondamment les autopsies.
      Mutter synthétise ainsi les données : chez les porteurs d’amalgames, le mercure dans le sang et l’urine est 2 à 5 fois supérieur aux non porteurs, et les organes sont entre 2 et 12 fois plus imprégnés. Ainsi l’amalgame serait ainsi responsable de 60 à 95 % des dépôts de mercure dans les tissus humains.
      Il est également établi que le fœtus accumule le mercure des amalgames portés par sa mère et que la concentration en mercure du lait maternel est corrélée au nombre d’amalgames, avec un apport de mercure hebdomadaire au nourrisson allaité parfois supérieur à la dose tolérable indiquée par la FAO/OMS.
      L’absorption de mercure au stade pré- ou post-natal est particulièrement inquiétant quand on mesure les effets tératogènes, endocriniens et neurologiques (notamment sur un cerveau en développement) du mercure.

      Cela dit, c'est bien sûr vous et votre assistant-e qui êtes, de loin, les plus exposé-e-s aux vapeurs de mercure... pourquoi prendre des risques aussi considérables quand les alternatives existent ?

      Je me tiens à votre disposition pour vous fournir tous les éléments bibliographiques qui vous seraient utiles.

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    3. Merci pour la réponse construite et détaillée.

      Pour ce qui est des autres alternatives, je les utilisent déjà contre mon gré (dans le sens où je n'ai pas eu le choix).

      Je voulais juste vous demander la source de vos chiffres (pour savoir à quoi correspond la taille moyenne d'amalgame, une cavité 2 faces ?).

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    4. Ce poids de "1 g pour une obturation de taille moyenne" est un chiffre que l'on trouve un peu partout et que je n'ai jamais vu contesté (par exemple à la p. 3, II. 1. de ce document : http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=7&sqi=2&ved=0CFcQFjAG&url=http%3A%2F%2Fwww.fda.gov%2Fohrms%2Fdockets%2Fdailys%2F02%2FSep02%2F091602%2F80027dde.pdf&ei=3FpbUM7yFIqb0QWpkYG4Cw&usg=AFQjCNGthYxVQMLEP1bLKpYNLIE6Vh3zww&sig2=X_RKZDzl4irm3efOXPuHqw).

      Par ailleurs je ne comprends pas (il ne s'agit pas de provocation mais d'étonnement profond) qu'on puisse préférer le poison à ses alternatives ; si commode qu'en soit l'usage, je ne vois pas que cela puisse en contrebalancer le danger que représente l'amalgame - et, je le répète, pour vous en premier lieu, comme en attestent plusieurs de vos conseurs et confrères signataires de cette lettre : http://www.procontremercure.lautre.net/Lettre-ouverte-de-chirurgiens

      Je dois m'absenter pour un long week-end mais reprendrai volontiers cette contreverse la semaine prochaine, si vous le souhaitez.
      Cordialement,

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    5. Allez, pour le plaisir, et malgré mon utilisation rarissime des amalgames d'argent:

      -Il est évident que l'amalgame d'argent, comme tout biomatériau, présente une toxicité locale ou générale. Actuellement, il semble admis qu'un effet subtoxique pourrait être observé à partir de 10 obturations volumineuses présentes en bouche dans le même temps. Pour les non-dentistes, 10, c'est beaucoup.

      - Il est évident également que dans cette affaire, celui qui en respire le plus, c'est bien le chirurgien-dentiste qui, s'il n'en pose pas forcément, en dépose quoi qu'il en soit un paquet, et ce tous les jours pendant 40 ans. Bien que nos maladies professionnelles soient nombreuses, je ne crois pas avoir jamais entendu parler d'intoxication au mercure chez un chirurgien-dentiste.

      - Il est enfin évident que comme tout traitement, un amalgame doit être réalisé en fonction de la notion de bénéfice/risque: si il n'est certes pas bon pour l'organisme d'être porteur de nombreux amalgames, cela l'est encore moins de présenter des caries, mal ou non soignées, ou des dents absentes.

      Quand je me suis pété la jambe et qu'on m'a collé 40 centimètres d'acier dans le tibia, je ne suis pas persuadé que cela ait été très bon pour ma santé. Mais entre ça et ma guibolle en vrac... Transposez aux dents, et laissez les professionnels de santé diplômés prodiguer les traitements qu'ils jugeront les plus raisonnables, en fonction de leurs connaissances, de l'état de santé du patient et du projet de reconstruction bucco-dentaire sous-jacent.

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    6. Je suis d'accord que dans l'histoire c'est comme le radiographie, c'est le praticien le plus exposé. D'ailleurs j'y reviendrais.

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    7. Effectivement 10 obturations volumineuses c'est beaucoup, la plupart de mes patients ont quelques amalgames occlusaux (voire ces fameuix points d'obturations) peu profonds. Les très grosses restaurations finissent par se fracturer et devenir des couronnes.
      Quid des restaurations foulées à l'amalgame sous des couronnes métalliques ? Si le joint est étanche, pas de percolation non ?

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    8. Bonne question, je n'en sais rien. Ne pas oublier qu'une dent n'est pas un matériau étanche en elle-même, il suffit de voir les tatouages gingivaux laissés par l'amalgame dans les cas de corrosion. Pas si fréquents que ça néanmoins, et théoriquement pas de corrosion si la restauration est étanche. (suffit de voir les paquets de couronnes or datant de plus de 30 ans, parfois mal ajustées, et sous lesquelles on retrouve régulièrement des moignons en amalgames parfaitement intacts).

      N'empêche, je préfère y coller un tenon fibré.

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  3. Pour revenir aux choses sérieuses:

    "Je n'ai pas le choix car n'est pas mon cabinet et ce n'est pas à moi que revient la décision de réintroduire l'amalgame dentaire."

    -Bien sûr, et je ne peux pas en être choqué puisque je ne m'en sers moi-même que très peu. Néanmoins, si vraiment cela va à l'encontre de TA pratique, rien ne t'oblige à rester dans ce cabinet...

    " Après dans ma bouche je préfère du compo si je sais que le praticien utilise tout ce dont il dispose pour maintenir une cavité sèche (digue, cotons salivaires, aspiration, canule, assistante)."
    Seule la digue permet d'isoler correctement la cavité de l'hygrométrie buccale. De manière générale, si réellement la pose de digue est impossible, il est également compliqué d'isoler correctement la dent de la salive... Amalgame ou onlay métal à prévoir.

    " Je fais toujours mon maximum après il y a toujours des cas où je ne suis pas contente. Mais je suis toujours consciencieuse."

    On l'essaie tous, c'est pour ça que les dentistes sont dépressifs ;-)

    "Je n'ai pas parlé des CVIMAR car ce post s'adresse surtout à des non-dentistes, mais j'en utilise beaucoup surtout en pédo dans les cas où j'utilisais de l'amalgame avant."

    Je n'utilise également plus que ça sur les lactéales. Jamais sur une définitive, les propriétés mécaniques faibles me font douter de leur vieillissement sur plus de quelques années.


    "Malheureusement je connais plus de composites foulés en 1 couche plutôt que d'amalgames foulés au doigt."

    Moi les 2, et ce n'est pas plus acceptable dans un cas que dans l'autre; mais on ne peut pas décemment parler des dangers des composites s'ils sont réalisés dans de mauvaise conditions. Une restauration adhésive est associée à un protocole précis, plus complexe que celui d'un amalgame, et elle est dans ce cas extrêmement fiable. C'est sûr qu'un compo posé comme un amalgame, ça va pas mettre longtemps à déconner.
    Par ailleurs, la prétendue cytotoxicité des composites est liée soit à la percolation bactérienne, soit à sa polymérisation incomplète, dans les 2 cas résultant d'un mauvais collage.
    Un petit scoop? Je réalise régulièrement des coiffages pulpaires, directs ou indirects, à l'aide de composite. Au jour d'aujourd'hui, ni pulpite ni nécrose. (mais ça m'arrivera sûrement, je suis jeune...)

    "Ce post était volontairement pro-amalgame pour contrer la polémique sur la toxicité du mercure. "
    Là, je suis bien d'accord: si il y a bien un truc que ne reprocherais pas à l'amalgame, c'est bien sa toxicité. Du coup, il semblerait que tu aies réveillé les démons qui rôdent aux frontières de notre réalité... ;-)


    "Je ne suis pas tendre avec le composite mais je sais qu'en l'utilisant bien on peut faire des miracles,"

    DAS

    "je suis moi-même très portée sur les alternatives à l'inlay-core/couronne."

    Si typiques de notre beau pays, sur une série de pano tu peux tout de suite reconnaître le français: c'est celui dont toutes les molaires présentent des traitements radiculaires à la moitié du canal, et un pieu en métal par racine: c'en est presque artistique.

    @+

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  4. "Néanmoins, si vraiment cela va à l'encontre de TA pratique, rien ne t'oblige à rester dans ce cabinet..."

    Les contraintes économiques et personnelles font qu'après des mois de recherches, je ne vais pas abandonner ce cabinet "où tout roule" "juste" pour l'absence d'amalgame surtout qu'en région parisienne j'ai rencontré très peu de cabinets qui en utilisaient encore.

    "Seule la digue permet d'isoler correctement la cavité de l'hygrométrie buccale. De manière générale, si réellement la pose de digue est impossible, il est également compliqué d'isoler correctement la dent de la salive... Amalgame ou onlay métal à prévoir."

    Je pose la digue pour mes endos, pour le reste dans la majorité des cas j'y arrive avec l'aspi, et 2 cotons bien calés. Sinon CVIMAR si je ne peux pas (donc surtout en pédo). Le patient est prévenu du contrôle annuel.

    "Un petit scoop? Je réalise régulièrement des coiffages pulpaires, directs ou indirects, à l'aide de composite. Au jour d'aujourd'hui, ni pulpite ni nécrose. (mais ça m'arrivera sûrement, je suis jeune...)"

    Vous avez bien de la chance, une amie a fait sa thèse sur ce sujet.
    Après je n'ai pas dit que ça m'arrivait à moi. Si je suis trop proche de la pulpe je mets un IRM en interséance pour éviter les sensibilités.

    "DAS"

    Euh ça signifie quoi ?

    "Si typiques de notre beau pays, sur une série de pano tu peux tout de suite reconnaître le français: c'est celui dont toutes les molaires présentent des traitements radiculaires à la moitié du canal, et un pieu en métal par racine: c'en est presque artistique."

    Je suis plutôt à la recherche de l'endo parfaite donc très peu pour moi les canaux obturés à moitié. J'y passe beaucoup de temps (enfin 1h pour une molaire) voire plus si besoin. J'ai quelques ratés sur des retraitements mais je reste humaine.

    Et vous la toxicité du mercure vous en pensez quoi ?

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    1. "Les contraintes économiques et personnelles font qu'après des mois de recherches, je ne vais pas abandonner ce cabinet "où tout roule" "juste" pour l'absence d'amalgame surtout qu'en région parisienne j'ai rencontré très peu de cabinets qui en utilisaient encore."

      -Je peux tout à fait le comprendre, les conditions de travail semblent plutôt sympa par ailleurs.
      Accessoirement, je ne savais pas que l'amalgame avait si mauvaise presse à Paris: même si je ne dois pas en poser plus d'un ou 2 par semaine, j'aurais du mal à m'en passer totalement.

      "Je pose la digue pour mes endos, pour le reste dans la majorité des cas j'y arrive avec l'aspi, et 2 cotons bien calés."

      -Même si je comprends bien que notre nomenclature antique ne nous pousse pas vers la digue, je maintiens que l'utilisation de coton + aspi + assistante ne permet pas de se préserver de l'hygrométrie -humidité de l'air- dans la cavité buccale. Ce n'est pas forcément le plus important, mais ça joue, au moins un peu. Et puis c'est tellement plus confort de poser son aspi et d'entendre la musique...

      "Vous avez bien de la chance, une amie a fait sa thèse sur ce sujet."

      Ca m'intéresse, quel est le titre de sa thèse?

      "Après je n'ai pas dit que ça m'arrivait à moi. Si je suis trop proche de la pulpe je mets un IRM en interséance pour éviter les sensibilités."

      Quel dommage de ne pas obturer dans la séance, ne serait-ce que pour une question orga/rentabilité. De plus, pourquoi reprocher aux composites ce qui ne vous n'avez pas constaté par vous-même?
      Je le répète, un collage mal réalisé est une catastrophe à tout point de vue. Mais vous semblez dans votre article généraliser cette mauvaise réputation à tous les composites, alors même qu'il semble que vous ne rencontriez pas de soucis particuliers: pourquoi?
      Je sais que les anciens prats ont eu de mauvaises expériences avec les composites, par défaut de mise à jour semble-t-il; mais les problèmes sont actuellement rarissimes, et dans tous les cas bien moins nombreux que pour les amalgames. Même si aucune technique n'est parfaite, bien entendu.


      "DAS"
      Données Acquises de la Science, pardon. Je ne suis même pas sûr que l'abréviation existe vraiment, mais j'étais naze.


      "Je suis plutôt à la recherche de l'endo parfaite donc très peu pour moi les canaux obturés à moitié. J'y passe beaucoup de temps (enfin 1h pour une molaire) voire plus si besoin. J'ai quelques ratés sur des retraitements mais je reste humaine."

      -Aucun doute là-dessus, ce n'était pas une critique personnelle, je ne vois pas sur quoi je me baserais pour prétendre ça. C'était plus un retour de ce que je vois arriver tous les jours au cab, et qui ressemble de près à ce qu'on pourrait appeler: l’exception française. Tsoin tsoin.

      "Et vous la toxicité du mercure vous en pensez quoi ?"

      J'ai donné au-dessus mon avis sur la question (tous les anonymes sur ce fil, c'est moi):
      -elle est pour moi négligeable comparé aux autres défauts de l'amalgame
      -l'amalgame fait partie de manière marginale de mon arsenal thérapeutique, en particulier dans les cas où je ne peux pas diguer: dents de sagesse et dents incomplètement évoluées principalement.
      -je ne l'aime pas car il est générateur de fêlures et fractures dès que les cavités sont un peu plus importantes: en gros, je fais des amalgames sur les caries de sillon, et c'est tout. Jamais de 2 faces.
      -Et en plus c'est moche, donc toxique pour mes yeux.

      Après, le mercure, rien à taper. Je ne dois pas être écolo-holistico conscient/bouffeur de graines.


      Il vous manque tant que ça dans votre cab? Votre prat ne veut pas en recommander une boîte ou 2? Il doit bien y avoir encore un vibreur quand même?

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    2. Oui j'ai encore le vibreur qui sert surtout pour tous mes fuji (collage-CVI).

      Je sais que je suis têtue sur les composites. Mais c'était pour arrêter de diaboliser l'amalgame, surtout sur le bénéfice/risque qui serait défavorable. C'est comme l'hypochlorite de sodium, on sait qu'on peut tâcher nos blouses et les pulls des patients mais on sait aussi qu'il n'y a rien de mieux pour irriguer. Je n'ai pas l'expérience suffisante pour voir les soucis causés par ceux que j'ai fait, après je vois souvent des caries sous les sealants des autres. Mais c'est en grande partie dû effectivement à la mauvaise utilisaion ou au non respect du protocle. Je connais des praticiens moins stricts sur l'hygromètrie. C'est aussi pour cela que les amalgames sont plus pratiques pour ces dentistes, car peu importe la salive, la langue, le sang, ils y vont ... et l'amalagame est plus tolérant.

      Il faut que je retrouve le nom de la thèse (les thèses c'est surtout pour boire des coups pas pour noter les ref :-( ).

      Par ailleurs je suis d'accord sur le côté amalgame toxique pour nos yeux, c'est moche et j'aurais pas envie d'en avoir en bouche. Après je n'ai pas couru après mes parents pour déposer les leurs.

      Après ça me manque un peu l'amalgame mais pas au point de noter sur la liste de matos que j'en ai besoin. A Paris sa disparition est dûe à la mode du tout esthètique, aux sourires bright (et faux qui se voient à 15 km), la mode des Etats Unis.

      J'ai de la chance d'avoir du choix dans mes compo (ant, post, flow, sealants, CVIMAR). La digue c'est moche de pas la poser tout le temps mais là pour le coup il faudrait recommander beaucoup de clamps.

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  5. Hello, lu en large, je suis une mauvais cliente pour les dentistes.

    Juste une remarque : dire "il y a autant de mercure que dans un poisson", ce n'est pas un bon argument. C'est comme dire : "ben nan les papillotes c'est pas toxique, il y a plus d'alu dans une cigarette, ou plus d'amiante dans ce batîment, etc." En plus d'être approximatif, on a pas en permanence un poisson dans la bouche, les toxicités cumulées de faibles doses de toxiques sont aussi les plus difficiles a évaluer.

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    1. Mes meilleurs patients ce sont ceux dont je suis sûre qu'ils garderont leurs dents toutes leur vie. Je préfère voir des bouches intactes que des dents cariées.

      Les papillotes c'est toujours avec du papier sulfurisé en ce qui me concerne. Même si j'adore l'alu.

      Pour revenir à l'amalgame, Mr Geoffrey Begon a donné de bons arguments. Après comme nous disions avec mon confrère qui a commenté, c'est rare les bouches avec 10 gros amalgames. Et c'est le dentiste et son assistante qui restent les plus exposés.

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    1. Je suis désolée pour vos ennuis de santé même si je ne peux en l'absence de preuves tangibles les imputer à vos amalagames.

      Je vois de nombreux patients chaque jour qui ont des obturations à l'amalgame et qui se portent très bien.

      Donc c'est malheureux pour vous mais la Haute Autorité de Santé recommande toujours son utilisation.

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    1. Je ne remets pas en cause ni vos symptômes ni votre parole mais jusqu'à preuve du contraire je ne vous ai pas examiné ni reçu en consultation donc ce que vous dites reste des faits subjectifs. Ils seraient objectifs si je pouvais les quantifier ou lire les rapports qui vont été remis après vos examens.
      Quant au déni si un patient me rapporte des symptômes "curieux" en rapport à une dépose d'amalgame, oui je mènerais les investigations nécessaires mais jusqu'à présent ce n'est jamais arrivé.

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