mardi 24 janvier 2012

Tu peux aller te brosser les dents dans la salle de bain s'il te plaît ?

J'ai une très mauvaise habitude prise après des années de vie seule dans mon studio d'étudiante, je me brosse les dents partout sauf dans la salle de bain. 

Je retourne dans mon salon/chambre/cuisine pour continuer l'activité que j'avais commencé avant. Je lis ma revue, je regarde mon film, parfois je suis même au téléphone (l'appel en illimités me permet de partager des moments privilégiés ). J'adore retourner voir la télé chez mes parents avec la brosse à dent électrique qui vrombit, partager une conversation.

C'est mon côté détendue du slip, c'est aussi naturel que me promener en petite culotte. Rassurez-vous je ferme la porte quand je me lave, je ne fais pas un show (bon c'est surtout pour des raisons de maintien de la chaleur dans l'enceinte fermée).

Parfois ça dérange. Ma mère rigole. J'ai des amis qui font pareil (genre ils te rejoignent sur ton lit en slip). Forcément on en met pas partout, on est pas des cochons, et quand on doit cracher on retourne à l'évier. Mon copain n'apprécie pas du tout. J'ai du mal à lui faire comprendre que c'est mon côté promiscuité/complicité acquise en stage de voile où faute de salle de bain (qui sont surtout les toilettes qui sentent pas bon), on se se brosse les dents autour de l'évier où on fait la vaisselle. Et personne ne se plaint. On peut même quitter le carré et rejoindre le cockpit et se faire son nettoyage à l'air libre au milieu de la mer (et c'est génial sur le pont sauf si y a du roulis bien sûr). J'ai aussi un côté pluripotent où j'adore faire 36 activités à la fois.

Je vais devoir installer un lit dans la salle de bain pour me renverser à l'envers dessus tout en me brossant les dents tout en restant cachée. Ou alors faire une pancarte "attention je me brosse les dents affalée sur le lit, n'entrez pas ".

Sinon à part ça je suis normale.

mercredi 11 janvier 2012

Le choix de Sophie

L'un des premiers conseils que l'on m'a donné adolescente était d'être indépendante financièrement. Peut-être par peur que mes qualités physiques (visage ravagé par l'acné + bagues orthodontiques + binocles ) ne suffirait pas à choper faire succomber un médecin orthopédique qui subviendrait  à mes futurs besoins. Sûrement par volonté de me voir réussir par moi-même (le crédo familial) pour me faire décamper de la maison  pour me payer mes magnifiques chaussures parcours.

Bon l'interne je l'ai eu (et perdu LOL). Et entre temps j'avais compris que gagner son propre argent et pouvoir se payer des beaux voyages n'étaient pas si mal. 

Alors j'ai bossé dans un quasi-désert médical. J'ai super bien gagné ma vie. Sauf que j'étais loin de tout (sauf  de mes parents mais tu fais pas de bébés avec tes parents ou alors je connais un très bon psy pour toi) et qu'à 25 ans on a d'autre aspirations.  

Alors je suis retournée dans la grande ville, où il y avait tellement de dentistes que j'ai fait partie d'un sous-groupe minoritaire de la profession ; les dentistes précaires. 

Il faut admettre que j'ai un souci plus grave que mon TOC de l'hygiène, je suis très fidèle, fidèlité à toute épreuve même dans la connerie. C'est à dire qu'en ayant conscience de mon syndrome de Stockholm avancé vis-à vis de ce cabinet où je travaillais tellement peu que j'ai réussi à tricoter un pull sur mes heures de présence,  j'ai mis plus de 3 mois à envisager de me tirer. C'était moche à regarder par mes amis dentistes qui avaient une vie tranquille du côté de la Manche. J'ai failli les rejoindre et je me suis rétractée. Encore une fois j'avais peur du choix de vie.

Partir loin pour du boulot mais avec une vie sociale amoindrie et la perspective de devoir traîner dans les bars pour trouver l'âme soeur ?

L'âme soeur a été trouvée. Et maintenant je vais le rejoindre dans la grande grande ville, là où on a besoin de tout sauf un dentiste, j'ai nommé Paris.

Et là tu commences à chercher du boulot, et TU PLEURES.

Pour les autres postes (remplacement, collaboration 1, collaboration 2, salariat), je n'avais aucune concurrence (ou presque). Limite si en téléphonant pour prendre contact, je n'avais pas déjà le contrat signé.  Ils cherchent tu conviens, tu es prise, pas de CV, de lettre de motivation ...

Là j'ai l'impression d'être sur Meetic. De voir plein de fiches avec rien qui correspond, c'est à dire pour moitié des postes pour travailler vendredi et samedi toute la journée. Et rien les autres jours. Ou à Petaouchnok. 

Là j'ai déjà démissionné donc je ne peux plus reculer, et si la force de l'amour me ferait gravir des montagnes, je commence à me demander si l'herbe est plus verte ailleurs. (Voire si j'ai pas fait une belle connerie).

jeudi 5 janvier 2012

Mme Balboa

Mme Balboa a un prénom très évocateur ainsi même si elle n'a ni le téléphone, ni connexion internet je suppose je préfère vous laisser faire le rapprochement tous seuls.

Avant son prénom m'évoquait Rocky et son amour légendaire pour sa femme, ou bien une péniche éponyme que je voyais de temps en temps en courant, maintenant je pense à elle en premier lieu.

Je l'ai rencontré en mai à l'occasion de ma nouvelle activité. La patiente avait été vu par mon prédécesseur (qui note amusante avait un poster de Rocky 3 dans son appart pour se motiver avant ses derniers exams), je devais continuer les soins et entamer de grands travaux prothétiques.

C'est le type même de patiente jamais contente, jamais satisfaite, qui râle à peine la porte franchie, qui souffle comme si elle avait gravi l'Everest, qui se traîne avec son chariot de course pour la tenir. Qui pestait que mon ami soit parti travailler ailleurs.

Mais j'avais une bonne raison de supporter ses jérémiades, le fait qu'elle avait accepté un devis à plus de 5000 euros, même si j'étais salariée et que j'allais en toucher que 800, je savais qu'elle allait me payer mes vacances au ski. 

Comme dans tous les grands travaux de réaménagement, pendant la phase provisoire, il eut des ajustements, mais au final j'ai posé son magnifique bridge (et réservé mes vacances à Flaine). 

A la séance de contrôle (parce que j'aime bien faire du service après-vente pour qu'on ne me reproche pas d'encaisser et d'abandonner mes patients après), elle n'est pas venue. Elle n'avait pas le téléphone, donc je n'ai pas pu l'appeler. Après l'avoir vu soupiré pendant 3 mois, je me suis même demandé si il lui était pas arrivé quelque chose de grave. La semaine d'après rien non plus, elle ne s'était pas trompé de jour ni d'heure.

C'est que tout va bien, pensais-je !

Que nenni, un beau jour de Novembre, elle est réapparu, en disant que ça n'allait pas du tout mais que vu qu'elle avait payé elle se doutait bien qu'on allait rien refaire. Qu'elle ne pouvait pas manger, ni parler parce qu'elle zozotait.

J'ai parlé avec elle, elle ne zozotait pas ("je fais attention c'est pour ça"). J'ai fait des réglages.

Et là ça a recommencé.

Une couronne n'arrêtait pas de se desceller. J'ai recollé une fois, deux fois. Pris la décision de refaire. Recommencé à la base. Et là chienne de vie, j'ai revu la patiente 3 fois, impossible de resdesceller cette putain de couronne. On a rigolé, elle parce qu'elle pensait qu'elle tiendrait jamais, moi parce que je me disais qu'il y a qu'elle pour m'emmerder de la sorte. 

Ah oui sinon elle qui disait qu'elle ne pouvait pas manger, elle mange parfaitement dessus, vu qu'elle avait pour consigne de prendre tous les nougat et caramels existants pour faire bouger la couronne.

Je lui ai dit que je partais, elle m'en a pas voulu, je plains juste celui qui va hériter du cadeau.



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