jeudi 25 octobre 2012

Thérapie de gestion de la colère.

Je pense qu'ils ont créé l'URSSAF pour valider la dernière étape d'un traitement de gestion de la colère. Cette machine administrative représente tout ce qu'on adore en France, à savoir des démarches longues, les différentes instances qui se renvoient la balle avec toi au milieu qui essaie de comprendre. Le problème c'est que l'on a pas le choix de s'y affilier ou non. On en a le devoir dès le début de notre activité libérale. Le problème est que malgré une bonne volonté (déplacements réguliers, courriers, appels), on a souvent envie de taper quelqu'un en sortant de chez eux. Pourquoi n'y a t-il pas une salle de boxe à proximité de leurs locaux, ça pourrait être une bonne idée... Je suis étonnée que personne ne se soit immolé par le feu dans leurs bâtiments non plus.

Je suis une personne calme du moins j'essaie de l'être. Je m'emporte très peu. Je suis par contre très sujette aux pleurs. Souvent par exaspération ou colère, peu par tristesse pure (et quand je me cogne une énième fois dans mon bras de radio je reste digne sans dire putain). Quand je les (les gens de l'URSSAF hein) ai au téléphone j'ai l'impression qu'il me prenne pour une folle et ça me rend dingue. Je ne sais pas bien gérer mes émotions c'est comme ça, donc souvent quand je m'énerve très fort j'ai une boule dans la gorge, des trémolos dans la voix et je suis sur le point de fondre en larmes (ce qui s'est passé quand j'ai raccroché). C'est pas très pratique quand tu veux montrer ton mécontentement, j'avoue.

2 ans et demi de démarches pour être affiliée à une URSSAF. Celle de ma province puis celle de Paris. La province dit qu'elle ne me connaît pas malgré les formulaires d'entrée et de sortie que j'ai à ma disposition, et celle de Paris attend que la Province m'affilie et me radie pour le transfert.

Quand la dame au bout du combiné me dit que je dois m'affilier sinon je ne suis pas couverte, j'ai vociféré que j'ai l'impression que toutes mes démarches sont vaines et qu'on me reproche mon manque de réactivité dans le dossier. "Si ça continue comme ça dans 10 ans on y est encore".

Notez que les jours où j'allais trop bien et où j'avais besoin de redescendre sur terre, je me rendais dans l'URSSAF de ma province (sympa la balade !!!). A chaque fois le même discours, "tous les transferts de département sont bloqués ...". Quand j'avais quitté le département, ils m'avaient assurés que le transfert se déroulerait normalement et que la situation se régulariserait d'elle-même.

Notez par ailleurs qu'il ne faut jamais les contacter un jour où tout va mal, sinon vous attraperez le moindre couteau ou objet tranchant sous la main pour vous trancher les veines. Vous voyez Jack Nicholson dans Shining ? C'est un peu l'idée de l'envie de meurtre.

Après mon dernier appel aux 2 URSSAF qui ne voulaient pas accorder leurs violons, j'ai du attendre 3 km de course à pied pour me vider la tête et m'en remettre (remarquez je n'ai jamais aussi bien monté mes côtes).

Une fois détendue, je me suis fendue d'un courrier via leur site et d'un courrier postal (tant qu'à faire). J'ai failli joindre un flacon lacrymal. Mais je me suis retenue.

La réponse au mail a été rapide "il est où ton numéro SIRET ou ton numéro de cotisant connasse ?". Comment expliquer en restant calme (tiens c'est pas une doctrine le stoïcisme, pourquoi je n'y arrive plus ???) . Je n'ai pas de SIRET, ni de numéro cotisant car je ne cotise pas. J'ai un SIREN vestige du temps ancien où je recevais leurs courriers ...

Je sais que bientôt (j'attends une réponse écrite pour avoir une preuve) je retournerais au centre URSSAF de Paris, faire la queue et attendre auprès de personnes pas très contentes d'être là (entre les impayés, les incompréhensions , les impatients, ceux à qui on perd les chèque de 20 000 euros...).

Je sais aussi que les conseillers en eux-même sont des humains et en face d'eux je n'ai jamais envie de commettre un homicide. C'est leur système de standard téléphonique qui est à refaire (si on a pas le SIRET on existe pas, puisqu'on est qu'un numéro pour eux, mais il n'y a pas non plus de SIRET provisoire pour garder une trace). Pourquoi les données restent aux centres et ne sont pas transmises ailleurs (je sais pas un fichier national avec mise à jour) ?

J'espère que j'y verrai clair avant la fin de l'année ...



mercredi 17 octobre 2012

Une journée en enfer

Une journée qui commence mal est toujours un lundi.

Un lundi après un dimanche pluvieux sans chauffage. Et un samedi où on aurait travaillé juste assez pour arriver chez soi à l'heure où généralement on prend son café avant la sieste. Un samedi passé trop vite à rêvasser de ce que le week-end pourrait offrir (en l'occurrence un très bon briyani entre amis). Un dimanche à digérer et se languir de la pluie avec un chocolat chaud pour se réchauffer.

Un lundi bien pourri tombe forcément après un très bon week-end. Quand on pas envie de voir s'éclater cette bulle de confort à l'abri des problèmes généraux.

En quittant le cabinet le samedi, on avait pris soin de tout préparer. On savait exactement qui on entendrait sonner.

Mais ce qu'on oublie trop souvent, nous pauvres libéraux qui "n'avons ni le droit ni le temps de tomber malade", c'est que l'assistante a un médecin qui adore faire des arrêts maladie (en Août il était absent et elle voulait que je lui en fasse un pour prolonger ses vacances). 

Certes tout le monde a le droit d'être malade mais là on s'est trouvés bêtes tous les deux en comptant nos plateaux de la journée et nous rendant compte que bientôt on se serait en rade. Là on a pesté contre le bac de nettoyage plein de tous ces instruments utilisés vendredi et samedi. Je me suis remémoré cet instant où je lui ai demandé pourquoi elle ne le faisait pas ce samedi-ci, et qu'elle m'avait répondu que lundi elle s'ennuierait et que ça pouvait attendre.

Heureusement une patiente m'a fait faux-bond et j'ai pris la décision de commencer la "vaisselle" pour mettre ensuite sous sachet tous les kits et mettre en route l'autoclave. J'étais toute contente d'avoir trouvé une activité constructive pour une fois au lieu de traîner sur internet pour m'occuper.

On s'est alternés pour répondre au téléphone et ouvrir la porte. J'ai eu du temps pour ma pause de midi alors que ça me paraissait compromis au départ.

La journée est passée très vite et c'était très bien comme ça. Finalalement on est assez autonomes sans elle (certains cabinets ne peuvet plus fonctionner sans assistante).

J'ai profité de ma dernière force pour passer l'aspirateur à 19h20 alors que j'aurais du courir pour mon métro. Je garde en tête que tout travail réalisé n'est plus à faire. Et je savais que je serais contente en revenant de voir le sol "propre" (pas eu le courage de javelliser).

J'ai noté pour moi-même au fond de mon esprit en vue d'une future installation que le ménage sera fait par un société privée où chaque employé pourra être remplacé en cas de vacances ou maladie (et éviter ainsi la situation où l'assistante fait le ménage quand elle trouve le temps et l'envie) et surtout embaucher une assistante qui aurait une liste de tâches attribuées et qui devra donc les effectuer chaque jour en fonction du besoin et non de l'envie.

Cela me chagrine parfois d'être dans cette position semi-dominante (je ne suis pas le patron mais je suis quand même au-dessus). On a beau être sympa, agréable, ne pas traiter les assistantes comme de vulgaires subalternes, il persiste souvent ce sentiment de révolte ou de jalousie. A coup de "je ne gagne pas autant que toi à l'heure" alors que je suis payée à l'acte et que j'ai fait le triple d'années d'étude. C'est un peu le souci des micro-entreprises où le moins payé côtoie le mieux payé tous les jours et connaît les recettes rien qu'en regardant la comptabilité dans Julie. (Note pour plus tard mettre un mot de passe, là je garde tout accessible pour que mon titualaire y jette un oeil).

A 19h30 j'attendais le métro et je suis arrivée avec 5 minutes de retard chez moi quand le téléphone a sonné.

"Bah t'es où ? Je suis inquiet".

Pour une fois Mr Carie était rentré tôt et à cet instant j'ai oublié tous les tracas de la journée.



 

vendredi 12 octobre 2012

24 h dans la vie d'une femme (dentiste)

7h00 : Le réveil sonne. La mort dans l'âme et la tête pas fraîche je maudis d'avoir une activité professionnelle. Je secoue Mr Carie pour lui dire bonjour et je file à la salle de bain.

7h15: Etape ravalement de façade validée, c'est l'heure de préparer le thé du matin. Le compte a rebours est lancé. Je resecoue Mr Carie pour qu'il se lève (non il n'est pas maltraité).

7h20: Je m'habille en vitesse avec un jean qui traîne et le premier cardigan qui passe.

7h25: Je déjeune en écoutant France Inter.

7h45: Brossage de dents, fil dentaire, coiffage.

8h00: Un câlin et direction l'ascenseur.

8h10: Le métro arrive (passionnant !)

8h15: Premier changement, j'attrape Direct Matin et je m'essouffle dans les escaliers.

8h25: 2ème changement. J'évite l'escalator et grimpe les marches pour avoir de l'espace.

8h35: Arrivée à destination, place aux 8 minutes de marche active du matin.

8h45: J'ouvre la porte du cabinet

8h46: Je mets sous tension la panormique, j'ouvre les stores, je mets en route le compresseur.
8h48: J'allume mon fauteuil, la radio et mon ordi.

8h50: Je suis en tenue mais toujours pas prête à bosser dans ma tête. J'ouvre mon progiciel, mes mails et facebook. Je regarde l'emploi du temps de la journée. Je souffle quand je vois le programme chargé qui s'annonce.

8h55: J'espère que le premier patient ne va pas venir pour finir ma nuit. J'ai pas envie de bosser.

8h58: Le patient sonne, je vais lui ouvrir la porte et le fait patienter en salle d'attente. J'en profite pour faire des étirements, ça me motive.

9h00: Je lâche l'ordi et vais chercher le patient.

9h25: Règlement, reprise de rdv, patient raccompagné, nettoyage du fauteuil.

Cycle répété 7 fois jusqu'à 12h30

12h30: l'heure de prendre une urgence si il y en a une. Sinon je prépare mes plateaux avec mes kits d'examen pour l'après-midi.

13h00 : Enfin je peux manger ! Le téléphone sonne, l'assistante est en pause déjeuner. Je réponds entre 2 bouchées (parfois) ou quand j'ai fini (souvent). Je consulte mes mails, je lis mes blogs favoris.

13h45: Plus que 15 minutes de glande avant de reprendre. Parfois j'ai calé une 2ème urgence.

13h55 : On sonne à l'interphone. Est-ce pour moi ou mon collaborateur ?.Comme le matin, le plus dur est de redémarrer la machine.

14h00 : "Bonjour, vous allez bien depuis la dernière fois"/ "Bonjour c'est la première fois que vous venez au cabinet, je vais créer votre dossier".

14h03:  "Je vous laisse vous mettre à l'aise sur le fauteuil pendant que je lave mes mains".

14h05 : J'attaque pour de bon. Qu'il est dur de se motiver !

Je répète le cycle 10 fois jusqu'à 19h. Le bonheur étant de garder un patient pour une séance d'une heure, on est moins stressé et plus efficient. Le bonheur bis c'est de voir qu'un patient embêtant est en retard et qu'on va pouvoir le virer enfin ...

Ce que j'aime moins c'est le "lapin" en plein milieu de l'aprem. Genre 15h30-16h, l'heure où j'aurais envie de faire une sieste ou à laquelle j'ai un coup de barre.

19 h: Le dernier patient reprend ses affaires. Bizarrement je n'ai pas envie de me dépêcher pour tout ranger. Je prends mon temps et profite du silence. Je démarre la télétransmission. Nettoie mon fauteuil, je mets de côté les instruments rotatifs à nettoyer/graisser.

19h10 : J'éteins le fauteuil. J'éteins le compresseur. Je lance la sauvegarde du logiciel.

19h15 : Je me change. Je prends mes chèques et les espèces. Je ferme le sac de la poubelle.

19h20 : Je ferme le cabinet si je suis la dernière à partir.

19h30 : Je suis sur le quai du métro.

19h35 : Le métro part.

19h42 : Premier changement.

19h51 : Deuxième changement.

20h00 : Je descends à la station d'avant pour profiter de l'air frais.

20h10: Je suis enfin chez moi.

20h15: Je prends ma douche pour me débarrasser des odeurs de la journée.

20h30: Je prépare le repas. Je passe mes coups de fil. Je confectionne ma gamelle pour le lendemain midi.

21h00: Mr Carie rentre.

21h30 : A table !!!

24h00 : Endormissement.





mercredi 3 octobre 2012

Qu'est-ce que je risque si je fais un chèque en bois à mon dentiste ?

Dans ma longue carrière (sic), je n'avais encore jamais eu de chèque en bois. Des impayés oui mais quand je recevais un chèque jamais je me suis dite qu'il pourrait être sans provision. Si c'est une grosse somme, je propose toujours de le déposer avec un délai et il n'y a jamais de problèmes.
 
Bref là j'ai déposé le chèque et quelques jours plus tard j'ai eu la joie de voir qu'il avait été refusé. Heureusement je note scrupuleusement le numéro de chaque chèque. Ainsi je sais de quel patient il s'agit rien qu'en regardant mon compte en ligne sans attendre le courrier de la banque. Cest ma secrétaire personnelle qui m'a lue la lettre de ma banque. (Ma mère en fait vu que ma banque ne veut pas changer ma domiciliation (je ne suis pas inscrite à l'URSSAF et le fait d'avoir une adresse officielle en haut d'une feuille de soins ne leur paraît pas être un bon justificatif)). Bien sûr les soins étaient fini sur le patient donc je ne pouvais le revoir pour lui en parler en face et malgré un courrier, je n'ai aucune nouvelle. Bien sûr bis, il a été remboursée par l'assurance maladie dans les 5 jours (j'ai passé la carte vitale) et certainement par sa mutuelle.
 
De quelles options je dispose ?
L'assurance maladie ne peut retirer un remboursement déjà effectué. Elle considère que si on passe la carte vitale, on accepte le paiement donc aucun recours n'est possible. (Notez qu'à l'inverse, si elle trouve qu'elle verse un paiement qu'elle n'aurait pas dû, là elle me l'aurait retiré).
La solution est la  même qu'en cas de mauvais payeurs, harceler le patient jusqu'à ce qu'il paie. Mais bon un courrier n'effraie pas les gens, surtout si ils sont criblés de dettes et qu'ils reçoivent des relances tous les jours. De plus la ville est grande donc il aura toujours possibilité d'éviter de revenir au cabinet en cas d'urgence et d'aller voir ailleurs (même je suis le plus proche).
 
Un mois passe je représente le chèque comme indiqué sur le courrier. Comme notifié si le chèque est toujours sans provision, le patient ne pourra plus faire de chèques. Ce que j'ai fait. J'ai vu le chèque être crédité puis être refusé. Super secrétaire elle a revu passer le courrier. Et là elle a eu le même raisonnement que moi avant que je remette le chèque en banque une 2ème fois. Est-ce que cette pauvre somme ridicule vaut le coup alors que ce patient va être interdit bancaire ? Est-ce que je dois vraiment courir après 30 euros ? Est-ce que j'en ai besoin ?
 
Je me suis refait un débat humaniste dans ma tête. ma mère me répétait "socialement c'est dur de ne plus avoir de moyen de paiement".
Certes. Mais le soin a été effectué, la somme m'est donc due. Pourquoi lui aurait-il droit à un soin gratuit et pas sa soeur ou son voisin ? En plus il a été remboursé. Par ailleurs, plus grave, il est possible qu'il signe  des chèques sans provision à tous les pigeons qui ne connaissent pas le fichier de la banque de France.

J'ai vérifié sur internet (google est mon ami). La banque du patient m'envoie un courrier pour m'indiquer qu'il ne peut payer le chèque. Elle envoie au patient un courrier pour lui signifier de régulariser la situation.  Si la situation n'est pas régularisée et qu'un nouvel incident se présente (incident = chèque rejeté), la banque " peut demander au titulaire du compte de restituer tous les carnets de chèques qui lui ont été délivrés et ceux de ses mandataires.
Il peut lui interdire d'émettre de nouveaux chèques (sauf chèques de retrait ou certifiés), jusqu'à régularisation de sa situation.
Dans les 2 jours qui suivent le rejet, la banque signale l'incident à la Banque de France, qui inscrit les références du compte dans le fichier central des chèques (FCC).
Tout commerçant pourra alors refuser les chèques.
A défaut de régularisation du ou des chèques sans provision, l'interdiction bancaire d'émettre des chèques est de 5 ans" .

Donc non je n'ai pas besoin de ses 30 euros, même si 30 euros perdus pour chaque impayé ça fait vite une somme qu'on aurait pu injecter ailleurs (formation, matériel, salaires ...). Le patient est bien embêté lui par contre car non seulement il ne peut plus faire de chèques (donc payer en espèces ou en carte bancaire qui peut être refusée aussi sans provisions) mais à chaque présentation de chèque il paie une commission (non je ne suis pas sadique, le temps que je voie ma mère pour récupérer le chèque un mois sera passé). Mais c'est un mal pour un bien, on ne peut dépenser l'argent que l'on n'a pas. Et on arnaque pas son dentiste.

Pour l'anecdote, un très bon ami à moi a eu une mésaventure de ce type. Un patient lui a réglé des soins, une grosse somme (300 euros et des bananes) puis a fait opposition au chèque pour vol (non mais ???). Mon ami a porté plainte au commissariat.

Je suis sure que certains trouvent cela anormal de vouloir être payée même par des patients en détresse financière, que les soins dentaires sont trop chers (entièrement remboursés par assurance maladie et mutuelle). Mais aimeriez-vous dépenser du temps, de l'énergie et du matériel (donc de l'argent) contre aucune rémunération ?
 
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