mardi 29 janvier 2013

La tétine pour mon enfant, pour ou contre ?

Non ce blog n'est pas en train de tourner pro-maternité, bientôt je retournerai à mes râleries ... Mais la rédaction du dernier article a ouvert mes yeux de nullipare sur la question de la tétine.

80 % des jeunes enfants en auraient une en bouche. Si la tétine est facile à introduire par l'apaisement qu'elle procure en reproduisant la succion du sein (ou de la tétine du biberon), il faut savoir que tout ce qu'on interpose dans une bouche d'enfant n'est pas sans conséquences sur la croissance du maxillaire supérieur (os immobile de la mâchoires), sur la musculature environnante (muscles des joues, lèvres ...), sur la déglutition, et la respiration.

Il est avéré que 35 % des enfants porteurs de tétine auront besoin d'un traitement orthodontique à la pré-adolescence.






Pour :

Le port de la tétine chez le nourrisson réduirait la fréquence des morts-subites (MSN).

De nombreuses études sur le sujet vont dans cette direction dont celle de l'organisation Kaiser Permanente et de l'institut national de la santé (UK) qui suggèrent que l'utilisation d'une sucette pendant la nuit élimine 90 % des cas de syndrome de mort subite (première cause de mortalité entre 30 j et 1 an). " La protection serait maximale chez les enfants qui dorment dans un environnement à risque (sur le ventre ou sur le côté, sur un matelas trop mou, avec exposition au tabagisme)."

En quoi le port de la tétine offre une protection ?

- L'accès aux voies aériennes supérieures est protégé par l'anse de la tétine, le contact entre la poignée dure de la tétine et la literie ménagerait un espace pour le passage de l'air.

- Le mouvement de succion provoque le maintien de la langue en avant ce qui dégage également les voies aériennes.

- Une hypothèse serait que la sucette limite les RGO (reflux gastro-oesophagiens) et donc l'inconfort et l'apnée qui s'en suit.

- L'inconfort du contact dur de la tétine empêcherait l'enfant de se tourner sur le ventre.

- Et enfin la réconfort de la succion permettrait des nuits plus calmes avec moins de mouvements dans le lit.


"En attendant confirmation de ce résultat, ce n'est pas une raison pour dormir avec bébé ou pour le laisser sur le ventre. Celui-ci doit toujours dormir sur le dos, dans son propre lit, équipé d'une literie peu souple, sans couverture ni oreiller, dans une chambre non enfumée et non surchauffée. Et en plus, donnez-lui une tétine à sucer pendant son sommeil !"

(Sources: British Medical Journal, Kaiser Permanente et  guide pour la prévention des effets nocifs des sucettes sur la position des dents par Louis-Marie Dussere).


Les orthodontistes s'accorderaient pour dire que la succion de la tétine est préférable à celle du pouce car son sevrage est plus facile.

Mais ...

Contre :

L'enfant a un mode de ventilation (respiration) immature mixte à la fois buccal et nasal. A l'âge adulte la respiration doit se faire essentiellement par la voie nasale. L'obstruction des voies aériennes supérieures (amygdales trop développées, végétations nasales) et le défaut de croissance des maxillaires provoquent un maintien de la ventilation immature.

Généralement ces enfants ont une face allongée (manque de développement dans le sens transversal), la bouche ouverte, les traits tirés et des cernes (mauvais sommeil).  Ces signes doivent alerter les parents et conduire à consulter un orthodontiste (et un ORL).

En quoi la tétine serait responsable du maintien de la ventilation orale ?

« Les tétines classiques ont des incidences catastrophiques. Elles creusent la voûte palatine, encore en pleine formation, et projettent vers l’avant les incisives…De fait, le plancher des fosses nasales reposant sur la voûte du palais, la forme ogivale de celui-ci repousse et referme les fosses nasales. Les tétines anatomiques sont en silicone. Grâce à leur forme aplatie, les répercussions sur le palais sont beaucoup moins graves qu’avec la tétine classique. Ces tétines sont aussi moins nocives que le pouce. » « Toutes les questions au dentiste – Spécial Enfants » Dr Isabelle-Sabine SCHWARTZ – Editions Marabout-2003.

Le port systématique de la tétine entraîne un position permanente de la langue en position basse (sans contact avec le palais) et en avant. La langue s'interpose entre les dents du haut et du bas et empêche l'occlusion labiale (fermeture des lèvres), le passage de l'air se fait donc par la bouche et habitue l'enfant à respirer par cette voie.


Aussi par le creusement de la voûte palatine (appui de la sucette) et la fermeture des fosses nasales qui en résulte (les fosses nasales sont séparées de la bouche par la voûte palatine) , l'obstruction chronique de celles-ci favorise la ventilation bouche ouverte qui favorise le développement des maladies respiratoires; rhinites allergiques ou chroniques. Tout le développement physiologique des voies aériennes supérieures est perturbé avec hypertrophies des amygdales (qui sont irritées en permanence  par le flux d'air) et des cornets (végétations)  accentuant les troubles du développement de la face.


De plus à partir de l'apparition des dents sur l'arcade, le fait d'interposer un élément étranger entre les dents (pouce, tétine, doudou ...) provoque l'avancée des incisives maxillaires qui seront plus sujettes à une fracture si l'enfant tombe  car plus en avant, la mandibule reste projetée en arrière (donc manque de développement et profil du menton fuyant conservé) et enfin mise en place d'une béance antérieure plus ou moins marquée (symétrique dans le cas de la tétine, asymétrique dans le cas du pouce le plus souvent), cette béance résulte d'une absence de contact normal entre les dents maxillaires et mandibulaires (dents du haut et du bas) par l'interposition systématique de la langue (déglutition infantile), en bout à bout (pointe sur pointe) chez l'enfant et avec les dents maxillaire légèrement en avant chez l'adulte. 




Source :http://www.dr-gilbert-maudet-isabelle.chirurgiens-dentistes.fr/l-orthodontie-et-vous-fiches-conseils/l-orthodontie-pratique/fonctions-et-parafonctions


A quoi reconnaît-t'on que son enfant est un ventilateur buccal ?

aspect chétif, dos voûté, poitrine étroite ou rondelette, hypotonicité, fatigue permanente due aux rhumes, 
bouche ouverte, 
langue basse,
rétrécissement du seuil des narines, nez souvent bouché,
parfois asymétrie faciale,
respiration rapide et sommaire, enfant nerveux, irritable.

Au niveau morphologique :

l’enfant ronfle la nuit ou même le jour, 
il a des nuits agitées, froisse ses draps, rêve souvent, quelques fois énurésie, 
l’enfant est fatigué, mélancolique. A l’école ses facultés intellectuelles seront diminuées.
Il aura du mal à suivre et des difficultés à fixer son attention.

Or il est tout à fait possible d’éduquer les patients après un bilan ORL, ne serait- ce qu’en leur apprenant à se moucher correctement et en leur permettant, par l’éducation fonctionnelle, d’utiliser correctement leur nez et de régénérer une ventilation nasale.

Source : http://www.orthoplus.fr/influencesdesproblemesfonctionnelsdanslesdeformations.pdf





Existe t'il des sucettes mieux que les autres ? 

Avant la commercialisation des sucettes Bioteet (société Iltet) , il n'existait sur le marché que les sucettes classiques et les anatomiques qui étaient "moins pires que les premières". La sucette idéale devrait permettre la mise en place d'une ventilation nasale, d'une déglutition adulte (bouche fermée et langue en arrière) et la croissance normale du massif facial de l'enfant.

J'ai posé la question au fondateur d'Iltet, le Dr François Favé-Lesage. 
Il me précise que le mode respiratoire est déterminé également par l'allaitement au biberon. De fait 
"le débit et le volume trop importants de certaines tétines amènent à une respiration buccale".

Aussi il ajoute que le principal problème engendré par les sucettes sont les troubles de la déglutition.
"Le principal problème des sucettes est d'être à l'origine d'un phénomène de succion très important tout au long de la journée qui va générer une déformation de l'ensemble des structures buccales autour de la sucette (palais ogival, béance antérieure), comme de nombreuses études le démontrent. Après 24 mois, les sucettes empêchent aussi la mise en place de la déglutition adulte en s'interposant entre le palais et la langue."

"Les conséquences orthodontiques des sucettes sont liées à 2 facteurs: l'intensité (ndlr; succion tout au long de la journée) et la durée d'utilisation.
Nous ne recommandons pas l'usage de la sucette et nous conseillons d'arrêter d'utiliser les sucettes après l'âge de 18 mois. Nous travaillons actuellement sur un dispositif médical dont le but est d'assurer l'arrêt progressif du recours à la sucette après 18 mois. Ce dispositif renforce une position de Classe I ( ndlr classification orthodontique pour les rapports dentaires, la classe I étant la classe idéale), permet une position haute de la langue et stimule la déglutition adulte (ce dispositif pourra être utilisé par les orthophonistes dans le cadre de rééducations de la déglutition atypique)."




 Et la sucette Bioteet alors ?
"La sucette Bioteet favorise un mouvement péristaltique de la langue et limite le travail des muscles labio-jugaux, ce qui fait que certains enfants ont parfois du mal à garder la sucette en bouche."

En résumé l'idéal est de trouver une solution de réconfort pour le nourrisson qui devra être stoppée avant ses 2 ans et qui empêcherait la succion du pouce (dont le sevrage est plus long).


mercredi 23 janvier 2013

Ils tètent

Ceci n'est pas un article sponsorisé (mais un vrai coup de coeur).

C'est une invention géniale que j'aurais adoré mettre au point.



(La vidéo date de 2010 donc depuis les tétines sont commercialisées).


Je me souviens de ce cours de physiologie où l'on étudiait la déglutition, le prof était un désespéré de l'allaitement au sein et râlait des conséquences du passage au biberon pour la croissance des mâchoires des bébés.



L'affaire est simple; pour obtenir du lait du sein de sa mère, le bébé doit exercer un mouvement de succion et une pression particulière avec sa langue. Ce mouvement permet la croissance du maxillaire supérieur, en somme l'expansion du palais osseux (ou palais dur). Les enfants nourris au biberon n'ont pas besoin de faire fonctionner autant de muscles pour boire le lait (une simple pression et ça sort de la tétine), ils sont donc plus sujets aux mâchoires trop petites à la pré-adolescence avec les conséquences qui s'en suivent; port d'appareil dentaire et extractions dentaires en série pour "faire de la place".

Ceci n'est pas un plaidoyer pour l'allaitement au sein ni un outil pour culpabiliser celles qui sont passées au biberon dès la maternité. Nous avons chacune nos raisons de choisir l'une ou l'autre solution. 
Mais faisant partie de la classe de population qui n'aura pas 6 mois de disponibilités (ni 3 d'ailleurs) pour nourrir son bébé au sein (parce qu'avec du lait maternel dans le biberon le problème reste le même), j'attendais ce jour où on trouverait une tétine pour biberon qui reproduirait la succion du sein.

Et bien entendu c'est un chirurgien-dentiste qui l'a mise au point ... Le docteur François Favé-Lesage a fondé Iltet et a développé une gamme de tétines s'adaptant au mieux la physiologie des bébés.

De plus cherry on the cake, les tétines et autres accessoires sont fabriqués en France et sans bisphénol A.

Pour ma part, j'ai trouvé quel cadeau offrir à une future maman.

Update :  En quoi l'allaitement au sein permet le bon développement des muscles et mâchoires du bébé ?
 Le nourrisson présente un profil naturel avec un rétrognatisme (menton en arrière). L'allaitement au sein l'oblige à propulser la mandibule (os mobile de la mâchoire) en avant. La croissance du sens antéro-postérieur est donc favorisée (la propulsion ne peut se faire que d'avant en arrière). Par contre il n'y a pas d'influence sur le sens transversal (droite-gauche). La croissance transversale est permise par le jeu de mastication (mouvements hélicoïdaux) avec l'adoption du alimentation diversifiée (en texture) dès le 6 ème mois (ou 3 mois si allaitement au biberon).

En résumé il n'est pas conseillé de ne faire qu'allaiter pendant la 1ère année de la vie de l'enfant. Dès l'apparition des premières dents il faut introduire des aliments de plus en plus durs pour l'habituer à mâcher.

vendredi 18 janvier 2013

Je ne fais que râler ?

Je m'excuse si j'ai donné l'impression que je m'ennuyais au cabinet ou que je ne voyais que des patients énervants.

En fait ce qui est malheureux c'est qu'on se rappelle plus facilement des éléments négatifs ou positifs d'une journée. Parce que finalement c'est les hauts qui nous aident à continuer, mais les bas qui nous marquent.

Mes patients se plaignent du froid, de la pluie, du vent, du jour qui tombe ... jamais un mot pour le soleil qui irradie, pour les journées qui rallongent. 
Idem pour moi le soir quand mon confident appelle, j'évoque rapidement les "cas sympas" pour retenir que les "lose " du jour,  les blagues pourries de certains voire leurs phrases mémorables.

Là par exemple le soleil de l'après-midi rentre dans la pièce et ça me donne envie de bosser. Mais remarquez que quand je vois la neige tomber ou la pluie en torrent j'ai tout sauf envie de sortir.

Ce que je déteste le plus dans ma journée c'est mon trajet pour venir. Souvent je n'ai pas assez dormi et je veux traîner en pyjama chez moi mais tous ces samedis où je suis là à 9h je l'ai choisi et j'assume.

Je suis heureuse de tous ces patients qui ressortent contents, confiants ou avec le sourire. Et qui me complimentent parfois, ça fait chaud au coeur même si pour certains c'est plus de la drague que purement objectif.

Je suis contente de voir le travail accompli même si une fois un fini, un autre recommence tel le foie de Promethée qui repoussait sans cesse pour se refaire dévorer par un aigle. Par exemple comme tous les dentistes, un traitement canalaire de bon matin n'est pas la meilleure façon de commencer la journée mais quel plaisir une fois la radio finale de contempler son oeuvre (un beau canal bien rempli).

J'aime le fait que je gagne ma vie c'est indéniable aussi. Mais j'aime encore plus que je le fais le plus honnêtement du monde. En alternant des consultations qui me prennent 30 minutes pour 21 euros, les extractions de dent de lait à 16.72 euros et la prothèse qui rentabilise tout le reste.

J'adore prendre mon temps et dire parfois à un patient "vous avez le temps ?" parce que je veux le garder au-delà de 19h, manger sur mon temps à moi pour terminer son soin à lui. (Aussi parce que ces soirs-là Mr Carie rentre tard et que je ne suis pas pressée de rentrer).

Je préfère parfois rester au cabinet le samedi plutôt que de rentrer à mon appartement et se rendre compte que mon ours a mis le bazar "parce qu'il pensait qu'il aurait le temps de ranger" avant que je n'arrive.

J'apprécie aussi les petits enfants que je soigne qui n'ont pas 5 ans mais qui se laissent faire sans gesticuler ni pleurer. Quel bonheur de pouvoir soigner leurs caries multiples au lieu de leur dire de revenir dans 2 ans pour voir sil ils se laissent faire.

Je ne fais souvent que râler mais je ne changerai de boulot ni de cabinet pour rien au monde alors que le quartier se dégrade à vue d'oeil et que la drogue et ses à côtés deviennent de plus en plus présents. 

mercredi 9 janvier 2013

Pourquoi "non, je ne peux pas vous intercaler 5 minutes entre 2 patients" ?

Chaque jour nous avons des appels de détresse de patients ayant mal. Ces patients se divisent en 2 catégories. Nos patients (ceux qui ont un dossier déjà créé ou les proches d'un patient que l'on soigne ) et les autres.

Nos patients sont prioritaires. Ce sont les seuls pour lesquels on peut modifier tout son planning, se permettre de prendre du retard, finir après 19h30 ... Bien sûr si vous ratez souvent vos rendez-vous, vous finissez dans la case "autres".

Les autres ce sont les malchanceux (ceux dont le praticien est en vacances/week-end/overbooké) , les nouveaux-venus (ceux qui ont déménagé il y a 2 mois, 6 mois, 1 an et qui n'ont jamais cherché de nouveau praticien) et les sans praticiens fixes (ceux qui ne viennent qu'en urgence, qui se font suivre en discontinu dans plusieurs cabinets).

Quand une urgence se présente, j'ai 2 choix, soit j'ai de la place et je propose, soit je n'en ai pas et je propose plus loin. Si le patient est du cabinet, il aura plus de chance d'être pris dans l'après-midi (souvent en sacrifice d'un autre patient). Si c'est un patient extérieur au cabinet, il ne lui sera proposé qu'un rendez-vous annulé (donc pas de choix de l'heure) soit la plage d'urgence (qui est vite pleine). On conseille de rappeler dans la journée, les annulations de dernière minute étant fréquentes.

Souvent on "voit" la motivation du patient à sa réponse. Si il dit non à un rendez-vous le jour-même à 16h (alors qu'il nous appelle à 12h), on sait qu'il ne doit pas être si pressé. Généralement les patients sont contents mais les rares qui râlent ne méritent pas une perte d'énergie de notre part. Je veux dire , on a tous un horaire que l'on préfère mais si on a mal le reste compte peu (le cours de foot du petit, les courses ...).

Si je propose un rendez-vous 2 jours après la majorité des patients s'en contente mais parfois j'ai des réflexions du type "vous ne pouvez pas me caler entre 2 patients ?".

Pourquoi je ne peux pas donner un rendez-vous de 5 minutes à un patient que je n'ai jamais vu ?

- Par égoïsme ; je n'ai pas envie d'être en retard et de me pourrir la journée pour un patient dont je ne sais pas si il reviendra.

- Par respect des autres patients qui ont pris rendez-vous, qui doivent recevoir des soins qui ne peuvent être écourtés ou bâclés (type traitement canalaire ou extraction) .

- Par souci de perfection, je ne peux pas faire une ordonnance à un patient jamais vu si je ne connais ni son historique médical, ses antécédents, ses traitements éventuels (et les éventuelles contre-indications), si je ne l'ai pas examiné convenablement (infection ou non, inflammation de la pulpe, simple carie ?). Si je veux réellement soulager la douleur (inflammation de la pulpe, mobilité terminale de la dent), je ne pourrais pas le faire dans la séance ... idem si la dent cassée est une dent antérieure je ne pourrais pas réaliser un composite convenable. 

- Par lassitude aussi de cette horde de patients qui font du tourisme dentaire et voit un praticien par trimestre pour remplacer leur pansement "tombé" sans se prendre en main.

- Par précaution. Une fois le patient en face, il est parfois difficile de lui faire qu'une ordonnance, souvent avec la douleur l'énervement "monte" et le patient ne comprend pas pourquoi on ne  fait le soin (même si on lui a dit au téléphone). De plus le stress aidant plus le temps imparti est court plus on est susceptible de faire une erreur ou de se mettre encore plus en retard.

Malheureusement je ne peux éditer un guide de bonne pratique à l'usage des patients, ni leur faire lire mes posts.

Mais heureusement l'assistante fait bien le tri et la politique du cabinet est claire, ça nous évite tous ces désagréments.


jeudi 3 janvier 2013

Qu'est-ce qui va changer avec 2013 ?

Vous êtes sûrement back to the office écroulés sous votre montagne de dossiers laissés en attente pour les fêtes, ou alors juste en indigestion après les repas trop lourds/les retrouvailles familiales éprouvantes/les restes du nouvel an à finir (j'ai de la bûche chocolat quelqu'un en veut ?). N'empêche que tous les ans on pense que la nouvelle année va tout changer, comme si dans la nuit du 31 au 1er une fée venait se pencher sur notre cas. Notre problème à tous c'est qu'on se base un peu trop sur les autres pour nous faire avancer ("cette année mon chérichouchou va peut-être enfin me demander en mariage" ) alors que si on veut quelque chose il faut se bouger pour l'obtenir, prendre des risques, avoir peur puis en profiter (et arrêter de donner des surnoms débiles à ses proches).

En résumé les résolutions du 1er janvier ça craint (surtout quand on les prend pas à jeun), mieux vaut se prendre en main et se faire des bilans réguliers avec échéances ( quoi je suis la seule à me faire des bilans avec objectifs semestriels ??? ) .

Vous noterez au passage que les premières résolutions que l'on prend ce sont toujours faire plus de sport, manger plus sainement et arrêter de fumer et jamais faire un détartrage tous les ans, faire vérifier ses dents ou enfin refaire son appareil qui date d'il y a 20 ans (oui il y a une date d'usure comme pour les chaussures).

Bref, qu'est-ce qui ne changera pas en 2013 ?

  • Je vais continuer à passer l'aspirateur pendant que mon assistante me parle. Car je suis maniaque et elle bordélique et que je ne supporte pas d'avoir un miette ou un cheveu sous le pied quand je me change le soir (et qu'elle préfère attendre les calendes grecques).
  • Je vais continuer à avoir 5 minutes de retard à presque chaque patient car je parle trop/j'écoute trop/je m'intéresse trop (ais-je vraiment besoin de savoir en combien de temps il a couru le marathon du Médoc ? )/ parce que je surfe trop sur le net/ discute trop sur gtalk ...
  • Je vais continuer à courir après le métro tous les matins parce que j'ai préféré parler 2 minutes avec Mr Carie plutôt que de lui dire au revoir en claquant la porte.
  • Je vais continuer à soigner des patients qui me disent qu'ils n'ont aucune maladie pour m'apercevoir en passant la carte vitale qu'ils ont une Affection Longue Durée qu'ils se sont bien gardés de me prévenir (va pas t'étonner après si tu fais une interaction médicamenteuses).
  • Je vais continuer à penser à mon repas de soir pendant les soins, et à être dans mon monde.
  • Je vais continuer à oublier ce que je viens de dire à mon patient la minute d'avant. Par exemple "je vous imprime l'ordonnance pour le bain de bouche" et ne pas comprendre pourquoi le patient me fixe  en attendant après quelque chose ...
  • Je vais continuer de me cogner aux murs, au cône radio, à mon bureau ... Je ne suis pas Gaston Lagaffe mais je suis toujours pressée et parfois j'appréhende mal les obstacles (le mur n'en étant pas un on est d'accord vu qu'il est fixe à priori).
  • Je vais continuer de manquer de tomber en me prenant les pieds dans la pédale de commande du fauteuil.
  • Je vais continuer à ne pas répondre au téléphone avant 9h (le répondeur est fait pour ça).
  • Je vais continuer à attendre ma lettre de l'URSSAF (je pense que je serais partie en retraite avant).
  • Mais je vais surtout continuer à aimer faire mon boulot, et le faire avec autant de joie (même si ça se voit pas le samedi matin à 9h ) et de rigueur (car travailler dans la joie et la bonne humeur quand on fait de la daube ça n'apporte rien au monde).



mardi 1 janvier 2013

Mes voeux pour 2013



Puisque je ne suis pas Miss Univers je ne peux pas souhaiter que la paix pour 2013.
Je pourrais espérer d'arrêter de courir après le métro le matin et arriver plus tôt au cabinet mais ça ne dépend que de ma volonté. Je pourrais affirmer que je veux être moins en retard, plus efficace, plus rentable, mais encore une fois on verra ...

Je commencerais par dire que je voudrais avoir toujours mon carnet de rendez-vous rempli, avec si possible moins de rendez-vous manqués, des enfants avec des bouches sans caries, des adultes sans trop de tartre, des patients sans trop de difficulté financière pour pouvoir leur placer des stellites quand ils en ont besoin, des traitements canalaires pas trop difficiles, des dents faciles à extraire ...

Et de manière générale pour nous tous, une bonne santé (et pas seulement dentaire), assez d'argent pour réaliser nos rêves ou nos projets parsemés d'une bonne dose de bonheur et d'amour (car all we need is love, love is all you need).

Mes meilleurs voeux pour 2013 !
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