jeudi 28 février 2013

J'ai un numéro SIRET !!!

Ça a été le plus beau jour de ma vie il y a  peu plus de 2 semaines quand un conseiller URSSAF m'a enfin appelé pour la régularisation de mon dossier.


En soi c'était déjà une petite révolution, signe que l'année 2013 sera un excellent cru (elle le sera croyez-moi).

Suite à mes déplacements réguliers auprès du centre d'accueil, j'avais fini par comprendre que mon dossier avait été  créé et radié dans le département de province, laissant tout la liberté à la nouvelle URSSAF de m'affilier enfin.

Et on peut dire que ça a été vite, comme quoi mon impression que l'URSSAF de province bloquait tout n'en n'était pas qu'une. 

Avant je ne m’inquiétais pas de ma situation. J'avais une assurance maladie alors que j'y cotisais pas (je remercie tous les travailleurs pour les 5 euros reçus pour mes lunettes). Et surtout je n'avais pas cette ponction qui fait mal sur mon compte bancaire.

Sauf que mon association de gestion m'a mise en garde, pas de numéro SIRET pas de télé-transmission de la 2035 (déclaration du bénéfice pour les non salariés) donc gros problèmes en perspective en Mai pour la déclaration des revenus. 

Ils m'ont dit de forcer la main pour obtenir le SIRET (quitte à rester vissée sur la chaise en attendant que le vigile m'éjecte), ou au moins d'obtenir une attestation de délivrance impossible.

Vous imaginez bien que le conseiller a répondu NON à ma demande d'avoir ce document avec en-tête URSSAF. Et que je ne me suis pas battue pour rester sur la chaise; Non je l'ai cru quand il m'a dit qu'il allait me rappeler. Je m'en suis voulu sur le moment, mais je m’étais dite qu'au pire je reviendrais (j'aime bien leur salle d'attente).

Puis on m'a rappelé. Suite à soi j'ai clamé ma victoire; Enfin j'ai un numéro donc enfin j'existe ! (Nous ne sommes que des numéros).

Forcément j'ai eu beaucoup de courriers ces derniers jours pour leur fournir mes déclaration de revenus de 2009 à 2011. 

Forcément pendant que je jubilais (et que ma mère était contente aussi), plusieurs personnes se sont mises à me pourrir mon karma à coup de "fais gaffe ils vont te demander 30 000 euros avec les intérêts  et faudra que tu paies cash et que tu hypothèque ta fiat panda". 

Je sais pertinemment qu'ils vont me demander un livret A plein, oui j'ai mis de côté, je ne suis pas complètement inconsciente. 

Quant à savoir si l'échéancier pour le règlement sera sur plusieurs mois, je ne sais dire, idem si je pourrais le négocier ou non. 

Quant aux éventuels intérêts de retard, bien sûr que je me battrai pour qu'ils sautent, même si techniquement à part un courrier qui me demande des cotisations pour le 1er trimestre 2010 (LOL), je n'ai aucune preuve que je ne suis pas en faute.

Bref on verra mais dans tous les cas maintenant que je connais bien les locaux (et l'emplacement des toilettes), je m'en fiche un peu d'y retourner. Surtout que point non négligeable pour une fille comme moi, c'est sur la même ligne de métro que les galeries Lafayette et quoi de mieux pour stopper la morosité ?

vendredi 22 février 2013

Savoir dire non

Il y a ces choses qu'on ne peut accepter.

Certaines par conviction personnelle, d'autres déontologiques.

Poser une couronne en or ou en argent sur une dent antérieure ? Certes la patiente est d'accord, certes c'est son mari qui ne veut pas payer le plus cher, certes c'est une preuve de richesse mais je ne fais pas (surtout si la dent est saine et ne nécessite pas de restauration prothétique).

Tailler une canine en pointe pour que la patiente ait l'impression d'être une vampire ? Ça me hérisse le poil à l'idée que le jour où la mode passera il faudra coller un composite là où il tiendra le moins (sur un bord où s'applique le plus les contraintes masticatoires). Et puis c'est moche ...

Passer une carte vitale qui n'appartient pas au patient ? Je pourrais si je ne m'en rendais pas compte un matin mal réveillée, pressée ... mais si on me la tend que je vois que le nom et prénom sont différents je ne suis pas d'accord (oui je ne demande pas de pièce d'identité donc rien ne me prouve que Mr Alexandre X ne s'appelle pas en fait Anatole Y, sauf son chéquier à la limite). J'ai eu le cas 3 fois récemment. Le coup du "mon mari n'est jamais malade, il a aucun problème dentaire, vous pouvez mettre ma mère à la place ?". Non catégorique. Des fois que le mari ait un grave souci et que je sois embêtée par la sécu (genre je pose une couronne sur une dent extraite 2 ans avant ...). Certes c'est plaisant d'être CMU et de se faire soigner "gratuitement", ça doit être grisant de vouloir en faire profiter les autres. Mais après comme enrayer ? La carte va tourner comme un vulgaire joint, toute la famille voir le quartier va en profiter. Dire non c'est résister. (Le contraire de ces généralistes qui abdiquent et pondent des arrêts maladie de convenance).

Recevoir un patient en urgence alors qu'il a raté ses 2 derniers rendez-vous ? Oui si on veut lui faire comprendre qu'il est le roi du monde et qu'il peut venir chez nous comme chez macdo à toute heure. Le faire poireauter un jour ou deux peut paraître cruel mais c'est de "l'éducation". On construit sa réputation sur la qualité des soins mais aussi sur la gentillesse et la fermeté. Certains patients en on blagué de ma capacité chaque fois de leur répéter qu'ils sont en retard, puis ils sont venus à l'heure ou ont appelé pour prévenir. D'autres ne sont jamais revenus après le dernier avertissement où j'ai ouvert la porte et fait mon regard le plus noir (celui ne me parle pas je vais te bouffer sinon), ils savaient qu'ils avaient usé leur dernière chance et que je les prendrais plus.

Devenir prestataire de service et devoir faire tout ce que le patient demande ? Souvent, surtout avec les patients CMU. Un patient non CMU ne viendra jamais me voir en me disant "je veux refaire mon stellite, j'y ai droit", il dira "bon là il a 15 ans il tient plus, vous pouvez me faire un devis pour ma mutuelle pour que je me prépare ?". J'en vois un par jour qui veut couronner une dent qui va bien parce qu'elle est moche (mais pas dévitalisée) et qui ne comprend pas pourquoi sa soeur a tout faire refaire gratos par la CMU et lui ne peut pas (chaque cas est différent). Dans le même genre, "ma femme me dit que je peux avoir un bridge, pourquoi j'ai un appareil amovible alors ?", "peut-être parce que pour faire un bridge il faut 2 piliers et que toi tu n'as plus de dents à l'arrière ? ". Dernièrement je me suis engueulée avec une patiente qui voulait que je refasse son stellite alors qu'une réparation aurait suffit. Bien sûr généralement quand je refuse, j'ai le droit à un "j'ai travaillé aussi moi, mais je suis malade, vous devez soigner tout le monde". Genre je suis une grosse raciste. Si c'était le cas, j'aurais changé depuis longtemps de quartier.

Je ne peux accepter non plus qu'un patient ouvre la fenêtre de la salle d'attente et interpelle son ami en bas dans le parc. "On est pas dans un cirque".

Je suis ferme et intransigeante et la minute d'après douce comme un agneau. Une manière d'annoncer à tout le quartier qu'il "ne faut pas lui faire à l'envers à celle-là" .


lundi 18 février 2013

L'ex

J'ai repris le métro dans sa direction. Depuis que je ne le fréquente plus, je n'ai plus l'occasion d'aller dans ce quartier de Paris. Là-bas il n'y avait pas de neige sur les trottoirs, comme si je venais d'un autre monde. J'ai arpenté cette grande avenue jusqu'à la porte, plein de souvenirs sont revenus. J'ai dû sonner car je n'ai plus la clé. J'ai attendu sagement. A l'intérieur c'est toujours aussi calme qu'avant, reposant et apaisant, car c'est neuf alors que chez le nouveau c'est tout vieux. Je récupère mon courrier, le motif de ma visite. Je ne sais pas pourquoi la CPAM croit que j'y habite toujours, vu que je n'y ai jamais habité.

Il est là il me dit bonjour. J'aurais presque des regrets. Je me rappelle ce jour de juin où j'ai dit stop. Où je m'en voulais mais où je ne pouvais plus continuer. Mais là tout ce qui me vient c'est que c'était sympa quand même ici. On a trop tendance à oublier les mauvaises choses pour ne garder que le positif. Je prends des nouvelles, il prend des nouvelles.

Comment ça se passe avec le nouveau ? Cette étrange impression qu'il voudrait que ça se passe pas bien, que je me replante. Mais non "ça va je suis heureuse". Toujours les même questions, la même gène, je suis là mais on  a pas grand chose à se dire, on a rien vécu ou presque tous les deux.

Et puis finalement le téléphone sonne, il doit y retourner. Moi aussi d'ailleurs. Je ne sais pas quand je reviendrais.

J'évite la boulangerie d'à-côté que j'adore, je fonce directement vers les magasins (trop loin de chez moi mais qui sont inévitables quand je suis dans le quartier).

Bref j'ai rendu visite à mon ancien cabinet.

jeudi 14 février 2013

Faut-il offrir des cadeaux à son dentiste ?

A part les merci, les recommandations aux proches, les petites attentions sont rares au cabinet.

Il y a celles qui ont reçu des fleurs et qui n'ont pas su comment l'interpréter.

Ceux qui ont une boîte de chocolat pour la fin d'année, ou pour s'excuser d'un retard.

J'avais un patient à la fac qui venait systématiquement avec une friandise (il m'avait cernée). Il a du proposer un resto un jour, mais j'ai enfoui ça au fond de ma mémoire.

J'ai eu des pâtisseries orientales après le mariage d'un enfant, ou pendant le ramadan.

A chaque fois je l'ai toujours accepté avec grand plaisir.

Puis il y a eu ce patient qui me dit qu'il aime beaucoup mes yeux et qui doit trouver que je suis réceptive parce que je suis gentille (alors que je suis comme ça avec tout le monde). J'aurais du sentir le coup venir quand il m'a dit qu'il me ramènerait un cadeau de ses vacances. J'ai répondu qu'il n'était pas obligé. Il m'a dit que j'aimais pas les cadeaux. Je lui ai dit que je n'avais pas de place chez moi. MAIS qu'on me faisait plein de cadeaux à la maison. "J'ai un mec quoi, c'est bon". J'ai omis de lui dire que les petits-cadeaux c'était souvent des trucs insignifiants de l'ordre de la blague genre "tiens je t'ai ramené un cèleri". J'ai aussi de vrais beaux cadeaux hein (le saladier pour aller avec le cèleri).

Donc le patient allait partir et TADAM il sort de la poche de sa veste un ballotin de chocolat.

Premier réflexe (pavlovien), je salive.

Deuxième réflexe, j'inspecte le contenu.

Troisième réflexe, je lui tape la bise.

Non justement pas de geste trop amical, passé l'envie de tout manger je reste courtoise et professionnelle (s'agirait pas qu'il me fasse le coup à chaque fois).

Conclusion ; si on est trop gentille, les hommes pensent qu'on les drague (alors que sauf 1 ou 2 aucun ne me plaît).

Conclusion n°2; si vous offrez un cadeau attendez la fin des soins ça passe mieux. Ne soyez pas trop insistant au risque de passer pour un lourd. Parlez de votre femme ou de votre famille, on saura qu'on est apprécié pour nos compétences et pas par manque d'affection (on ne peux pas appeler ça autrement vu ma tête passé le 3ème patient de la journée).

De toute façon jamais on ne "sortira" avec un patient, déontologie oblige et si on était tenté de le faire, on a vos coordonnées on saura où vous trouver.


vendredi 8 février 2013

Défi du soir (bonsoir)

Dernier patient.

Juste en lui parlant je sais qu'il faudra faire un détartrage.

Il a cette haleine particulière des entartrés. 

Imaginez des milliers de bactéries agglomérées sur les dents depuis des années. Sur une plaque d'anciens débris alimentaires qui auraient depuis pourri. 

Cela sent l'égout juste en face de moi.

A quoi je pense ? A mon déjeuner du midi qui remonte ? Non c'est trop loin.

J'ai un sourire de maniaque qui apparaît sur mon visage.

Le rictus de Jack dans Shining.

Mais il n'a pas peur.

Je dis détartrage. Je pense D&co (une semaine pour tout changer).

Il ne le sait pas mais il ne sortira pas tant que tout son tartre ne sera pas enlevé.

Même si je dois encore y être à 19h10.

Ce soir, c'est ton soir, tout doit disparaître.

Bilan de l'opération, en 30 minutes, 28,92 euros une haleine beaucoup plus agréable. Et un dentiste trop contente d'avoir transformer la vie de cet homme (et de sa femme).

Sachez-le, vous pourrez acheter tous les sprays mentholés et les chewing-gums alibi que vous trouverez, jamais rien ne remplacera un bon détartrage.

mercredi 6 février 2013

La CPAM m'a tuer

Avant je pensais que les courriers de mise en demeure était destinés à des personnes malhonnêtes ou des mauvais payeurs.

Mais ça c'était avant.

A la réception de la première lettre recommandée avec inscrit "mise en demeure", l'effet de panique est immédiat. Je veux dire je suis à jour dans tous mes factures perso comme pro, je paie mes prothésistes à réception de leur facture, je suis en prélèvement automatique pour les impôts/caisse de retraite, je harcèle l'URSSAF pour être régularisée. Qu'est-ce qui aurait bien pu m'échapper ?

En fait rien. Parfois la CPAM dans sa mansuétude se trompe. Et paie 2 fois une prestation.

Et s'en rend compte 1 an après les faits.

Pour ce que soit bien drôle, elle t'envoie le courrier avec AR dans le cabinet où tu n'as pas mis les pieds depuis 1 an, lettre qui pourrira au centre de poste 15j avant d'être renvoyée à l'expéditeur. 

Pourquoi ne l'on-t'il pas envoyé au nouveau cabinet ? Je l'ignore. Surtout qu'en tant que professionnel de santé mes informations sont toujours à jour, sinon je n'aurais ni feuilles de soin ni possibilité de faire mes télé -transmissions avec les cartes vitales, et donc je ne travaillerais pas.

Un beau matin ils ont du connecter leurs 2 neurones car ils m'ont retrouvé ... à mon adresse personnelle (elles ont du être poussées leurs recherches car avant de venir à Paris j'ai gardé 9 ans la même adresse).

Bonheur d'offrir, joie de recevoir.

Je fis donc connaissance avec un dossier qui datait de 2010, on l'on me stipulait que je n'avais pas remboursé le trop perçu, que la période de contestation était clôturée. Impossible de vérifier si il s'agissait bien d'un double paiement ou d'une simple erreur (par exemple 2 dents différentes qu'ils ont pris pour une), le prix de l'indu était moins élevé que celui de l'aller-retour vers la contrée éloignée (doublée de la non envie d'y remettre un pied).

Bref j'ai fait un chèque. Et un courrier pour leur clamer mon amour. Courrier rédigé un samedi matin au petit déj qui m'a donné la niaque pour ma matinée de boulot.

Je n'ai eu aucune réponse (je suis trop un bisounours). 

Par contre samedi dernier j'ai trouvé un AR  au cabinet à aller chercher au bureau de poste.

Comme une demeurée, j'ai passé mon week-end à stresser, à penser que c'était une plainte d'une patiente que j'ai envie d'agrafer au mur (un jour je vous parlerai d'elle), ou bien l'URSSAF qui me demandait 20000 euros pour le 01 Mars.

En fait non c'était la CPAM, je l'ai su à l'adresse (ce sont les seuls à indiquer la numéro du bâtiment alors que je l'ignore). Déjà ils m'ont pas plu, il manquait quelque chose entre le Mademoiselle (je croyais que c'était madame pour tout le monde ?) et mon nom, genre "Docteur". Oui je sais on s'en fiche, sauf que même mon fournisseur de blouse le stipule sur ses courriers. Et que ça me permet de faire le distinguo entre les courriers pro et perso.

Donc ça venait du service commercial.

Encore une mise en demeure pour un double paiement.

Comme dirait Mr Carie, "pourquoi ils vérifient pas avant de verser la prestation qu'ils ne l'ont pas déjà versé ?". Mystère et boules de gommes.

Sauf que pour le coup, je ne suis pas en tort (le cas plus haut je ne sais pas).

C'est à dire qu'ils m'ont déjà prélevé la somme réputée versée à tort. Avant la première notification de créance qui plus est ! Heureusement que je me suis calmée dans ma lancée et que je n'ai pas fait le chèque. Et que j'ai vérifié.

C'eût été drôle si ce n'était que ça.

Parce qu'en fait j'ai bien eu un seul paiement et non deux (ou alors il a atterri sur mon compte en suisse mais j'ai perdu mes identifiants ).

Donc ils doivent me rembourser (la somme est risible mais je compte bien ne pas laisser passer).

Tant d'énergie perdue pour une erreur informatique !


samedi 2 février 2013

C'est pas sorcier : dent pour dent







Pour les curieux qui veulent comprendre l'anatomie dentaire, ou expliquer à leur enfants, j'ai trouvé cette vidéo assez bien faite.

C'est une rediffusion d'une émission ancienne mais cela reste d'actualité.

La vidéo est disponible en VOD gratuite jusqu'au 4 février.

vendredi 1 février 2013

Asociale

Longtemps je me couchée de bonne heure le vendredi soir.
Même quand dans mon ancienne province on organisait notre rituel  anti-déprime (= faire la nique au samedi matin 8h15 où l'on devait être au fauteuil ) en buvant des capirinhas. Ensuite soit on dînait soit on repartait chacun de notre côté mais avec au moins la satisfaction d'avoir fait  quelque chose de notre vendredi soir.

Après il y a eu l'hiver, les déménagements, l'installation avec les conjoints et la paresse aidant maintenant je préfère glander chez moi plutôt que de sortir "même juste pour un verre" quand je travaille le samedi matin.

Il y a des circonstances pour lesquelles je fais abstraction de mon hibernation, la venue d'une super-copine qui habite trop loin pour que je lui dise "écoute on se voit de 20 h à 21h après je vais dormir" et autres retrouvailles qui ne trouvent pas de place dans nos agendas de ministres.

Mais en règle générale je reste l'asociale. Celle qui dit à son mec d'aller boire sans elle avec ses potes (bon au moins je ne suis pas celle qui appelle toutes les 5 minutes pour savoir où il est, quand il rentre, vu que je dors), celle qui râle quand ses amis proposent un dîner à 21h . (Dédicace à ma soeur qui a oublié l'idée de se faire un opéra ou un ballet avec moi vu que c'est toujours à 19h30 le début ...).

"Quoi ils ont pas compris que je bossais le samedi ?". 
"Alors on décale à 20 h".
"Ok donc j'y vais direct du cabinet".
Et c'est forcément le soir où j'avais prévu de prendre mon temps avec le dernier patient (si je prévois de partir tôt je bloque des semaines à l'avance). Du coup je suis encore plus en pression.

En plus en arrivant il va falloir que je fasse comme si j'étais fraîche comme la rose alors que je pue l'eugénol car je n'ai pas eu le temps de prendre une douche, je ne suis pas coiffée (ou mal), la moitié du fond de teint s'est barrée sur mon masque, on dirait une tête de fin de soirée en somme.

Je pourrais ajouter dans mon sac de quoi me faire des retouches et une tête normale, certes, mais ça ne viendra jamais changer mon idée que mon visage est plein de bactéries et fluides aspergés pendant les soins (des fois je m'en prends dans les yeux et je sursaute). J'aime pas trop faire la bise aux gens en leur collant mes saletés ...

Ensuite je râle car si le patient de 18h30 ne vient pas, je serais partie à 19h (oui il me faut toujours au moins 20 minutes pour décoller) donc je ne peux pas aller directement au lieu de rendez-vous (la loi du quart d'heure de politesse), mais je n'ai pas non plus le temps de rentrer ni me laver, donc bilan je reste au cabinet comme une malheureuse à geeker (oui je sais je suis jamais contente). En prenant toujours bien soin de ne jamais régler la paperasse en retard (par exemple les impayés ou les retours sécu).

Une fois arrivée je regrette la tenue choisie le matin. Tenue qui en hiver n'est vu que par Mr Carie 30 min le matin ( garçon charmant mais qui a du mal à se réveiller, autant dire que je pourrais être en jaune il ne s'en rendrait pas compte). Donc généralement c'est plus confort que sexy, et surtout jamais de robe. Le même dilemme se pose alors, comment ne pas avoir l'air d'un sac ?  Rassurez-vous je trouve.

Après je vais bâiller et regarder discrètement l'heure toutes les 10 minutes à partir de 22 h en me disant "il faut qu'on y aille maintenant avec les 40 minutes de métro" alors que je n'ai pas envie de partir car je m'amuse bien. Le grand problème étant le même que pour le dernier verre d'alcool, on s'arrête quand on est vraiment trop bien, ou juste après quand ça redescend ? 

Généralement malgré toute cette dose de râleries ce sont mes meilleures soirées car le lendemain la moitié des patients ne viendront pas et j'aurais regretté de m'être couchée tôt "pour rien". Et puis ce sont elles qui nous font tenir toute la journée (j'adore manger donc si je sais qu'un bon repas m'attend chez quelqu'un ou au resto sans la vaisselle à faire ça me donne de la joie toute la journée).

PS : pour ceux qui s'inquiètent du sort des patients du samedi sachez que le degré d'alcool étant redescendu dans la nuit, au pire j'ai juste mal au crâne (ce qui ne m'empêche pas de bosser), de plus le pic d'aphasie arrivera à 14h à l'heure de quitter le cabinet et de rentrer chez moi (paye ton malaise dans le métro).

PPS : Oui je sais que d'autres personnes travaillent le samedi, que parfois elles ont des gardes aussi et des enfants à s'occuper.
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