lundi 25 mars 2013

Laissez un message après le bip sonore.

Je ne sais pas d'où vient cette aversion qu'on les gens pour le répondeur. Peur que le message délivré ne soit jamais transmis à son destinataire, envie de parler de vive voix à la personne concernée ?

Reste que quand on a les 2 mains dans le cambouis, que l'assistante est en pause déjeuner, et que le titulaire n'est pas disponible non plus, difficile de courir vers le téléphone (courir étant un bien grand mot vu que même en banlieue le prix de l'immobilier n'égale pas celui de Saint Pierre et Miquelon et souvent je n'ai qu'à faire 3 mètres), d'enlever ses gants et de répondre (ayant moi-même un gros problème de maniaquerie je ne peux décemment pas toucher un téléphone avec les gants, il faut d'abord que je les enlève, sinon je passe une lingette dans la seconde ...).

Surtout si le patient en question au bout du fil est un démarcheur qui veut nous refourguer la dernière assurance prévoyance ou un patient qui n'est jamais venu (donc dossier à créer) et qui ne sait pas quel jour il peut venir. Au final entre le décrochage, l'appel, le lavage des mains, on perd 5 minutes qui sont toujours précieuses (à part si c'est mr gros lourd sur le fauteuil et qu'on cherchait à écourter le soin).

Il y a un répondeur. Inutile de faire semblant qu'il n'existe pas vu que le patient raccroche toujours après le 1er bip. Ma théorie est que si c'est urgent on laisse un message. La théorie de certains c'est de rappeler 15 fois de suite jusqu'à ce qu'on craque. Cela arrive toujours à 8h50 quand je me bats pour enfiler ma tenue et que je suis seule au cabinet (c'est un peu comme le coursier qui passe quand tu est aux toilettes ou en slip en train de te changer), ou le midi entre 2 bouchées. 

Oui je suis parfois intransigeante, avant 9h pour moi on est pas "ouverts" et je n'ai pas à répondre au téléphone, j'ai à l'image ces services administratifs (ou non) où avant l'heure ce n'est pas l'heure et après l'heure ce n'est plus l'heure (va appeler le conseil départemental de l'ordre de Paris à 17h01 et tu verras ...). 

La plupart des patients comprennent et attendent qu'on les rappelle. C'est beaucoup plus constructif. Surtout pour ceux qui s'aventurent à appeler le samedi à 17h ou le lundi à 7h, des fois qu'on passerait le week-end au cabinet.

Je pense qu'on pourrait tous transposer ce problème dans notre vie personnelle. Quand tu veux joindre ton copain qui est en soirée avec ses potes, tu l'appelles 15 fois au risque de passer pour une dingue ou tu laisses un message et tu attends qu'il te rappelle ?

Et vous, vous en êtes où avec le répondeur ?


dimanche 17 mars 2013

Maniaque

Je viens de rentrer d'une semaine dans un centre de vacances familial avec plein d'enfants en bas âge et mon aspect maniaque de la propreté s'en est trouvé renforcé.

Difficile de ne pas penser à tous les germes manuportés en me servant de la pince à salade, surtout en entendant tous les petits tousser et commencer à avoir mal à la gorge le surlendemain.

Au resto, j'ai maintenant une nouvelle lubie, le lavage des mains après la lecture du menu qui serait plus sale que la cuvette des toilettes (mais autant que l'ipad-iphone et tout écran tactile jamais désinfecté).

En bonne maniaque, je désinfecte une fois par jour mon clavier d'ordinateur, tous les midis avant de manger pour être exacte.

Mon sac à main n'a jamais touché le sol. Ou alors pas erreur et la personne concernée par cette mégarde a encore ses oreilles qui sifflent.

Mon téléphone portable connaît bien le gel hydro-alcoolique. 

Si quelqu'un a le malheur de poser son sac à main sur ma table à manger, je le vire et je nettoie la table directement après.

Je suis contente que l'hiver se termine mais en même temps ça m'attriste de quitter mes gants dans le métro qui m'aident à me tenir la barre. Surtout quand je vois autour de moi des personnes se fourrer le nez et remettre leurs mains ni vu ni connu sur toutes les surfaces présentes.

Qui sont ces gens d'ailleurs qui mangent dans le métro, qui se maquillent ou qui tripatouillent leur téléphone ?

Je ne comprends toujours pas mes collègues qui n'ont pas de pantalon de travail, et qui portent leur jean et leurs chaussures au cabinet, dans leur voiture et chez eux, et qui après s'étalent sur leur lit ou leur canapé. Certes ça forme l'immunité mais je pense que les bactéries collectées dans nos cabinets sont bien pires que celles du métro.

Mon coeur défaille à chaque fois que mon collègue ouvre la porte avec ses gants, ou quand il me tend le téléphone avec les dits gants. Je n'arrive plus à tenir la liste de tous les trucs qu'il touche et que je devrais désinfecter en plus de mon propre cabinet. 

J'ai en souvenir un ancien titulaire qui palpait mes pommes avec ses gants alors que j'allais la manger. Inutile de dire que même après un nettoyage au savon (que je fais systématiquement pour "rendre bio "en enlevant les pesticides), j'avais l'impression de manger dans la bouche de son patient.

J'ai développé comme beaucoup de femmes, une aptitude à uriner debout en toute circonstance. Ou du moins quasi assise mais toujours surélevée. C'est toujours plus écologique que de tapisser la cuvette de 5 cm de papier.

Je fais la moue quand le patient me tend sa prothèse qu'il vient de retirer de sa bouche alors que j'ai les mains non gantées. Ou alors qu'il le pose sur mon bureau. 

Comme tout le monde je déteste laver mes toilettes mais j'adore ce moment où l'on regarde le travail accompli, où toute la salle de bain sent bon et où on  mangerai à même le sol.

Au cabinet, rien de mieux pour me remonter le moral que de passer l'aspirateur ou de passer la serpillière.

Mais je continue de manger ce qui tombe par terre chez moi (surtout les morceaux de roquefort ou de noix)... Allez savoir on ne peux pas toujours être cohérente.


jeudi 7 mars 2013

Petite mine

Certaines journées commencent très bien puis il suffit d'un élément pour tout pourrir.

Ce sont rarement ces après-midi où les rendez-vous manqués s'enchaînent (généralement ces choses là s'accumulent), au pire je n'ai rien fait de l'aprem, enfin rien fait de constructif, de rentable, mais j'ai bâti ma maison écolo fictive ou fait une étude de marché de quelle crème pour le corps acheter, je trouve toujours quelque chose pour passer le temps (la preuve je ne fais jamais ma compta ou un vrai truc utile comme passer l'aspirateur).

Non les jours pourris ce sont les  jours où un patient te casse le moral. Au summum du pire tu passes un très mauvais moment face à un fou, au mieux tu n'arrives à ne rien faire de correct de l'après-midi.

C'est à dire ne pas pouvoir finir un traitement canalaire car les canaux sont trop fins, ne pas terminer un soin parce que l’anesthésie ne prend pas ... Des petites choses négligeables qui mises bout à bout entament le moral.

Je n'ai pas d'objectif de rentabilité donc techniquement ne pas finir un acte est anodin, mais c'est juste usant de penser au futur rendez-vous où on est même pas sûr de pouvoir y arriver correctement.

Ce jour-là j'ai du avoir 3 rendez-vous pourris mais en sortant j'avais l'impression que tout ma journée avait été semblable.

J'ai dû verser une larme avant de quitter le cabinet. Dans mon souvenir j'ai passé l'aspirateur et tout de suite ça allait un peu mieux (le son de l'aspiration qui couvre un peu le sanglot même furtif qui précède la coulée des larmes) (non je ne suis pas dépressive mais le fait de pleurer me permet d'extérioriser et passer à autre chose).

J'ai croisé mon titulaire qui vu l'heure (et un coup d'oeil rapide sur l'emploi du temps) a compris que j'avais du me battre avec un traitement canalaire pas facile.

Puis je suis retournée dans le froid et j'ai commencé mon bilan de la journée, le debriefing du soir (le matin sur le chemin j'essaie de reconstituer mon planning pour savoir si ça va être cool ou non).

J'ai repensé aux rires avec telle patiente, ou de notre conversation sur la vie en général, aux sourires des autres, à ceux dont j'avais fini les soins et finalement il n'y avait eu que 3 loupés. Celle qui m'a fait pleurer en pleurant de douleurs sur laquelle au bout de 4 anesthésies j'ai compris que je ne pourrais rien faire, celui qui est arrivé en retard avec ses incisives pétées que j'ai reconstituées comme je pouvais alors qu'il bougeait, fermait la bouche et dont je n'ai pas côté les actes tellement c'était moche et auquel j'ai redonné rendez-vous pour refaire au calme, puis celui qui avait les canaux trop fins.

Je devais encore avoir une sale tête en sortant du métro car un mec m'a regardé en me disant "vas te reposer t'as une petite mine".

Puis la télé était branchée sur Top Chef avec Dr Carie déjà rentré aux fourneaux et j'ai eu meilleure mine.

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