samedi 27 juin 2015

Bien vivre sa douleur dentaire

La "douleur dentaire" serait la plus forte qu'un être humain puisse vivre avec celle provoquée par l'infarctus du myocarde. Quand on sait que la seconde peut nous tuer on imagine bien le côté intolérable d'une "rage de dent".

Si chacun a un seuil de tolérance différent à la douleur, toutes les femmes interrogées sont unanimes, un accouchement sans péridurale c'est une balade de santé à côté d'une inflammation pulpaire.

Freud lui-même aurait dit "quand on a mal à une molaire, on est toute molaire".








Si ça passe avec du paracétamol c'est que ce n'est pas si urgent que ça ...


1) La prévention !!!!

On dit souvent "mieux vaut prévenir que guérir", cet adage s'applique parfaitement aux dents. Autant on peut être en plein jogging dominical et mourir foudroyé par une attaque cardiaque (attention aux reprises trop violentes après des mois d'arrêt d'activité sportive), autant c'est rare d'avoir une dent qui fasse horriblement mal du jour au lendemain.

Quelques conseils :

- Prenez rendez-vous chez le dentiste avant de partir en vacances (surtout si vous devez prendre l'avion ou si vous allez pratiquer la plongé sous-marine auxquels cas le différentiel de pression peut provoquer des douleurs très vives);

- Prévoyez large si vous savez que beaucoup de soins sont à entreprendre.

- N'oubliez pas de revenir terminer les soins en revenant de vacances...

       - Extraire les dents qui bougent et sur lesquelles vous avez des abcès réguliers
       - Terminer le traitement canalaires des dents sous pansement provisoire
      - Protection du traitement canalaire par une obturation définitive (composite, inlay, onlay, inlay-core/couronne)

Une dent ne se guérit jamais seule, aussi si vous avez une (ou plusieurs) carie(s) non traité(es) il est fort probable qu'un jour elle(s) fasse(nt) mal sauf que vous ne pourrez jamais prévoir quand !



Evolution d'une carie, d'une petite cavité à un kyste au bout de la racine


- N'attendez pas que la douleur soit insupportable pour prendre un rendez-vous car l'attente vous semblera d'autant plus longue, l'anesthésie sera dure à prendre et les soins plus longs que si vous étiez venus aux premiers symptômes.

Ça peut paraître bête mais si vous avez mal à chaque fois que vous buvez du froid ou que vous mangez il faut consulter, surtout si ça fait longtemps.



- Faites attention à votre alimentation et au brossage.

- Faites un détartrage au moins un fois par an même si vous pensez ne rien avoir ou posséder de bonnes dents, au pire vous aurez juste un polissage, au moins ça permettra de faire un contrôle.

2) Comment calmer la douleur en attendant votre rendez-vous ? 

- La gencive saigne, est gonflée +/- douloureuse au touche ou au chaud et au froid.


Ne pas hésiter à brosser même si ça fait mal, si ça saigne, ne pas brosser fort mais chercher à éliminer le maximum de dépôts.

C'est le seul cas où un bain de bouche antiseptique trouve une utilité ! 
Vous pouvez y ajouter une brossage avec un dentifrice spécifique. 




Si vous êtes coincés dans une yourte sans pharmacie à proximité, des gargarismes avec de l'eau très salée soulagent bien.

- Vous avez un abcès proche de la dent


L'abcès est la conséquence de la gingivite, en attendant le détartrage voire l'avulsion de la dent vous pouvez pratiquer les mêmes conseils que pour la gingivite.

Votre dentiste ou médecin pourra aussi préparer une ordonnance d'amoxicilline pour vous soulager.

- Vous avez une douleur aiguë (rapide et brève comme un coup d’électricité, qui part en quelques secondes ) sur ou plusieurs dents, systématiquement au chaud, au froid et au contact avec la brosse à dent (par ex). Ça peut être une hypersensibilité dentaire. 



Essayez un dentifrice spécifique pour dents sensibles.
Vous pouvez appliquer le dentifrice en pâte au niveau des dents (côté face joue) et laisser "reposer", 2-3 minutes pour que ça agisse.




- Vous avez une cavité dans la dent et vous avez mal après les repas.



Bien brosser les dents et passer du fil dentaire ou une brossette imbibée de bain de bouche  (pas pour vous soulager mais pour être sûrs qu'il ne reste pas d'aliments coincés). Mettre en place un petit coton si c'est accessible.


- Votre dent présente une cavité et vous avez mal au chaud/au froid et même en dehors des repas.




Placer un clou de girofle en contact avec la partie exposée voire dans la cavité. Renouveler dès que l'effet se dissipe.


Je n'ai pas encore trouvé d'astuce pour "survivre" à l'attente d'un rendez-vous (autre que des antalgiques puissants) pour une rage de dents (vu que seule l'ouverture de la dent va permettre la décompression de la pulpe et donc le soulagement immédiat), mais je cherche toujours ! 



lundi 1 juin 2015

Légende urbaine, j'ai un cancer à cause des radios faites chez mon dentiste

Attention spoiler roman fleuve. Prenez un café/un thé, installez vous confortablement avant d'entamer la lecture.

J'espère que vous ne m'en voudrez pas d'avoir fait plus de l'assemblage de sources que de la réécriture, je ne trouvais pas les mots pour reformuler. Comme d'habitude, chaque mot surligné (ou image) de bleu renvoit vers le lien d’origine (oui tout est bleu je sais).

Seule 42 % de l'irradiation reçue par chaque individu provient de l'imagerie médicale.
En effet nous subissons tous une irradiation naturelle



Pour recevoir une dose d'un millisievert
17 mois à Paris
9 mois dans le Limousin
7 vols aller-retour Paris-Tokyo ou San Francisco
1 jour 1/2 à bord de l'ISS (altitude 400 km)

Mesures réalisées sur des routes représentatives des différentes situations d'exposition aux rayonnements cosmiques. Dans les cercles, est mentionné le débit d'équivalent de dose ambiant moyen sur le vol en microsieverts par heure (µSv/h). La dose totale est donnée pour un aller-retour en millisieverts (mSv). Pour le vol Paris-New York, la mesure est effectuée en Concorde.
https://www.sievert-system.org/#Exposition

L'irradiation artificielle quant à elle  prend son origine de plusieurs sources :
















Voici quelques exemples de Doses Types d’exposition 



Ou encore une frise comparative














http://www.mesure-radioactivite.fr/public/spip.php?rubrique69




Quelles sont les doses délivrées lors d'une radiographie dentaire ?

De telles doses sont considérées comme très faibles.

Ainsi, les doses délivrées par les clichés intra-buccaux et céphalométriques sont faibles, habituellement équivalentes à moins d'une journée d'exposition naturelle. Les doses délivrées par le panoramique sont plus variables, mais même celles qui se situent dans la fourchette haute sont équivalentes à quelques jours d'irradiation naturelle ou a une radiographie du thorax. En ce qui concerne les explorations 3D (ou volumiques) réalisées avec des scanners ou des appareils dédiés, les doses sont toujours inférieures à 10 mGy, quel que soit l’organe considéré. 

La radiation effective générée par la radiographie dentaire est des centaines – voire des milliers – de fois moins importante que celles des examens médicaux courants (radio du poumon, scanner abdominal, etc.) et dans la plupart des cas, n’excède pas la radiation naturelle. « N’oublions pas que l’activité de radiographie dentaire n’est pas un gros pourvoyeur de rayons X, souligne Philippe Rocher. Elle correspond à quelques heures d’irradiation naturelle. Nous sommes constamment soumis à des irradiations telluriques, cosmiques, et même alimentaires. Celles-ci varient d’une région à l’autre en fonction de la nature du sol ou de l’altitude. Par exemple, en Île-de-France, elles sont de 2,4 mSv/an et, en Bretagne, de 3,6 mSv/an. Au rang des irradiations « médicales », la part due aux radiologies dentaires, même si celles-ci constituent un nombre significatif d’actes, est très réduite. Les radiographies dentaires représentent en effet 24,7 % des actes réalisés en 2007, mais seulement 0,2 % de la dose efficace collective. Ainsi, les doses efficaces délivrées par les clichés intrabuccaux (de 1 à 8 μSv) sont à peu près équivalentes à moins d’une journée d’exposition naturelle. Les doses délivrées par une radio panoramique sont plus élevées (de 4 à 30 μSv), mais même celles qui se situent dans la fourchette haute ne sont pas supérieures à quelques jours d’irradiation naturelle. »Le risque reste donc très limité. En regard, la réalisation d’une radio dentaire, qui va permettre de poser un diagnostic précis et de pratiquer des actes adaptés, présente un bénéfice incontestable. 


Grossesse et risques dues à l'irradiation

Les rayons X auraient une action :-    embryoléthale (risque de mort de l’embryon) ;-    ou tératogène (risque de malformations). Cette action serait maximale pendant les deux 1ers  mois (période embryonnaire pendant laquelle a lieu l’essentiel de l’organogenèse). En réalité,  l’exposition du fœtus serait de 0,004 rads pour une radiographie du crâne est de 0,00001 rads pour un bilan dentaire rétro-alvéolaire réalisé sous protection par un tablier plombé. Pour un cliché rétroalvéolaire la dose délivrée (50 mgrays) serait 500 fois inférieure à la dose limite et la dose pour une radiographie panoramique serait 50 fois inférieure (1)

.Ainsi, il semblerait que la prise d’un ou de plusieurs clichés en intra buccal ou même en exobuccal soit sans conséquence pour le fœtus,  car l’irradiation est très faible et la source éloignée du bassin 
.Toutefois, par mesure de sécurité, la prise de clichés radiographiques n’est justifiée chez la femme enceinte que lorsqu’elle est absolument nécessaire au diagnostic ou au traitement notamment en cas d’urgence (pulpite aigue, parodontite apicale aigue débutante, installée, abcédée, cellulite). De plus, les clichés sont obligatoirement réalisés sous protection par un tablier plombé. Par ailleurs, il convient de reporter les examens radiographiques à chaque fois que possible au-delà du 1er trimestre .Enfin, parmi les examens radiographiques formellement contre-indiqués pendant la grossesse : l’examen sialographique des glandes salivaires, car l’iode provoque une insuffisance thyroïdienne responsable de la mort du fœtus par asphyxie .


Que faire après un examen radiologique diagnostique fortuit chez une patiente enceinte ?
Un examen radiologique chez une patiente enceinte peut susciter des inquiétudes. Les professionnels de santé doivent informer la patiente sur le risque associé aux procédures diagnostiques utilisant les rayonnements ionisants.

Les points suivants sont à souligner :  
Dans l’état actuel des connaissances, il est improbable que l'exposition aux rayonnements ionisants résultant d'examens radiologiques entraîne des effets délétères chez l'enfant, mais l'éventualité de survenue d'effets radio-induits ne peut être totalement écartée.
La patiente doit être informée qu'une évaluation du risque a été réalisée, non pas parce qu'il y a raison de croire que le risque est élevé dans sa situation, mais parce qu'il s'agit d'une précaution habituelle chaque fois qu’un examen radiologique est réalisé sur une femme enceinte.
L'évaluation doit être réalisée au cas par cas en fonction de l'âge de la grossesse au moment de l'exposition, et des niveaux de dose reçus par le fœtus.
Une estimation précise de la dose au fœtus nécessite certaines informations sur l'équipement radiologique, le type d'examen réalisé, la morphologie de la patiente,… Toutefois, des valeurs de doses fœtales "types" peuvent être utilisées en gardant à l'esprit qu'il peut y avoir un écart significatif entre les valeurs de doses "types" et les valeurs de doses estimées d'après les conditions réelles d'exposition.
L'évaluation de la dose peut être réalisée par un physicien médical ou en contactant l’IRSN (01.58.35.92.86 ou rpmed@irsn.fr).
Une fois l’évaluation réalisée, et en fonction de la situation, le médecin, la patiente et les autres personnes concernées peuvent alors prendre une décision éclairée sur le déroulement futur de la grossesse.




  
Un examen radiologique ou de médecine nucléaire peut-il entrainer la survenue d'un cancer ?

La quasi-totalité des examens radiologiques ou de médecine nucléaire réalisés selon les guides de bonnes pratiques conduisent à des doses efficaces inférieures, voire très inférieures, à 100 mSv. L'excès de risque de cancer pour des doses inférieures à 100 mSv est discutable à cause du manque de données mettant en évidence cet effet dans les études épidémiologiques. L'excès de risque ne peut être déduit que de la relation dose-effet. Cependant, plusieurs examens, en particulier scanographiques, réalisés chez le même patient peuvent entrainer des doses efficaces de 100 mSv ou plus.

La CIPR a estimé que le risque de cancer mortel radio-induit pour une population adulte est de l'ordre de 5%/Sv ou (en utilisant l'hypothèse de la relation linéaire sans seuil pour l'extrapolation aux faibles doses) de 0,005%/mSv. Les risques liés aux rayonnements ionisants doivent être comparés au risque de cancer mortel spontané (20%) et à l'incidence naturelle du cancer (40%) (tableau ci-dessous). Avec la mise en évidence récente de la radiosensibilité du tissu mammaire, une attention particulière doit être portée aux examens réalisés chez de jeunes patientes. Tout doit être mis en œuvre pour utiliser des protocoles basse-dose.
A lire aussi radioactivité naturelle et médicale expliquées en BD

Et également t les effets des rayonnements sur notre organisme. 
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