vendredi 11 septembre 2015

Je suis là mais je ne suis pas là



J'appelle ça le syndrome du bureau de poste.
Ce moment où la vieille dame derrière peste car "quand même l'agent qui est là derrière son bureau pourrait aider" malgré la fameuse pancarte. 

Autant quand on bosse en bureau (isolé) on peut paresser/prendre une pause/vaquer à d'autres occupations sans qu'on vous harcèle mais  dans certains domaines c'est impossible.

L'agent du bureau de poste avait certainement une autre mission à accomplir (aider ses collègues, ranger les colis ...) ou juste une contrainte horaire imposée par son chef (tout comme la caissière de monop' qui doit faire des pauses à une heure donnée) , mais à nos yeux il est forcément disponible.

Je rencontre le même problème au quotidien.

Le cas classique est le fameux patient qui arrive 30 minutes avant l'heure du rendez-vous (parce qu'il est toujours en avance) et qui s'étonne d'attendre (parce qu'il n'a pas prévu de lecture et en a marre du gala de mars 2002). Cela devient surtout gênant le matin, quand tu es arrivée plus tôt pour préparer le cabinet, que tu as envie de te mettre en tenue tranquillement (la sonnerie retentit alors que tu est déshabillée), de passer aux toilettes (le patient sonne alors 2 fois au cas où tu l'aurais oublié alors que tu veux juste prendre le temps de te laver les mains). Parfois tu finis juste de manger et tu comates face à ton ordi et il interrompt ta sieste express. La situation devient cocasse car le patient sait que tu est là, te regarde à chaque fois que tu fais un aller-retour dans le couloir et ne comprends pas pourquoi il attend toujours.

Là soudain c'est l'heure je le prends et j'ai le droit à un "Enfin!". Alors que j'avais bien indiqué en ouvrant la porte "vous avez rendez-vous dans x minutes, vous allez patienter x minutes".
Ça peut paraître choquant mais je ne prends jamais ce type de patient à l'avance, pour ne pas les encourager à venir toujours trop tôt. Surtout le matin où une fois sur 2 je suis très en retard (et où il attend dehors dans le froid) (notez que ça suffit à convaincre).

Certains jours je finis plus tôt que prévu et je reste à lire, m'occuper des feuilles de soins papiers à envoyer et j'aime bien être tranquille. Et je finis souvent par fermer les volets voire la lumière et à ne pas répondre au téléphone. C'est mon petit temps calme à moi avant de rentrer vers le bruit et l'excitation qui règne à la maison, un des seuls moments où je peux écrire pour le blog par exemple, faire des recherches.

Ça reste toujours délicat de refuser une urgence. Il y a toujours ce patient qui passe parce qu'il a vu de la lumière, qui sait que le titulaire n'est pas là mais nous voit et veut être pris avant de partir au boulot, sauf que non 9h c'est 9h (surtout que je ne fais pas de rdv de 5 minutes). Celui qui sait qu'on ne part jamais à 19h pile le soir du fait il peut venir rapidement.
Si je pars à 19h20 le soir c'est que j'ai mis 20 minutes à ranger, nettoyer, changer le sac poubelle, éteindre les ordis, faire les télétransmissions, je n'étais pas en train de regarder Secret Stoty en essayant de tuer le temps. Idem le matin, si je devais avoir un rendez-vous plus tôt il faudrait aussi que je décale l'heure d'arrivée pour tout mettre en route ...

Avant l'heure ce n'est pas l'heure, après l'heure ce n'est plus l'heure ou de l'art d'être pile à l'heure (ou 5 minutes en avance).
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