lundi 7 novembre 2016

Et si il suffisait d'un sourire

Sourire ça paraît évident quand on voit défiler une trentaine de personnes par jour. 

Pourquoi sourire si la personne en face fait la tête ? Pourquoi se fatiguer les muscles de la face ? 

A l'origine, je suis plutôt une personne hargneuse à tendance agressive, sans pour autant en venir aux mains, je suis assez impulsive et si on m'énerve par un comportement ou une parole je réponds. 

Forcément aux débuts dans ce cabinet, avant d'éduquer les patients sur le sujet des retards, j'ouvrais souvent la porte en étant passablement énervée.

Forcément ça ne mettait pas le patient dans les meilleurs conditions. Les "énervés" comme moi montaient au créneau, les autres devaient se dire que je ferais mieux d'avoir plus de relations sexuelles.

Forcément ce n'était pas le meilleur moyen pour débuter les soins (ou faire connaissance).

Forcément j'ai du changer.

Parce qu'un jour ce qui devait arriver arriva, j'ai senti que j'allais m'en prendre une. Et que finalement ça pouvait être préférable de désamorcer un conflit plutôt que d'en amorcer un (prévenir plutôt que guérir). 

Il n'est pas étonnant qu'un de mes livres préférés soit celui-ci :



C'est un livre de self-défense à la base, mais il donne une bonne idée d'une résolution de conflit. Au krav maga, on dirait que la meilleure des réponses est de chercher la fuite, là ce serait plus comment ne pas énerver plus la personne ou comment s'en sortir sans avoir à se battre/se défendre.

Un jour un patient de mon titulaire est arrivé avec une douleur intense et une furieuse envie de lui casser la figure. C'est là que j'ai compris que le fait d'être jeune et pas trop moche pourrait être un atout. Je lui ai parlé avec calme en souriant, sans le prendre pour un demeuré (je veux dire on a parfois envie de baffer ces hôtesses d'accueil qui nous envoient bouler), je l'ai écouté bien sûr mais je lui ai aussi montré qu'il y avait une autre voie de communication possible.

Depuis il est devenu mon patient.

Parce que finalement ce qui nous oppose le plus sur notre façon de travail avec mon titulaire ce n'est pas notre âge ou notre formation, mais le fait que lui ne sourit jamais, moi oui. Les patients me disent souvent qu'ils ont l'impression de le déranger. Moi au contraire ils pensent (enfin les hommes) que je les drague. C'est un peu le syndrome du sourire dans le métro, on ne peut plus sourire sans se faire harceler. Là je dois placer BébéCarie dans certaines conversations pour en calmer certains (au cas où ils auraient raté l'énorme photo qui trône sur mon bureau) (je suis une maman gaga) .

Vous me direz que ce n'est pas facile de sourire quand on aime pas ses dents mais ça mes confrères et moi on s'en charge. 



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