lundi 5 décembre 2016

Les Tagada m'ont tuer

Tout se déroulait pour le mieux dans le meilleur des mondes (c'est à dire que j'arrivais à extirper des mains et du regard de BébéCarie les bonbons offerts par les amis) (peut-on appeler ami une personne qui offre des bonbons à un gamin à l'heure où il est censé manger ses petits-pois carottes ? Je ne pense pas).

Un jour il avait exhibé fièrement un paquet offert lors d'un anniversaire. J'avais réussi à lui laisser les chocolats et il m'a trouvée la bouche pleine. Malgré son jeune âge il a couru directement à la poubelle vérifier l'emballage et là le drame il avait compris. J'étais à la fois fière de son esprit de déduction et triste qu'il ait associé les bonbons à un moment de plaisir que je lui aurais volé.
 
Alors une fois qu'il a eu ses 2 ans je me suis dite on relâche la pression, si quelqu'un lui en offre laisse lui goûter.
 
Le bol de tagada était à peine sur la table qu'il ne voyait que ça et l'a gloutonné en 5 minutes (tant pis pour les autres, on lui apprendra le partage plus tard).
 
J'étais avec une autre maman qui ne savait pas si j'allais faire un malaise ou sortir la brosse à dent et le fluor dans la minute.
 
Je suis restée stoïque (en vrai j'aurais bien voulu en manger moi aussi des tagada) (je sais qu'il est impossible de s'arrêter une fois le paquet entamé).
 
Depuis  il me demande si il peut en prendre une quand il en croise (heureusement on fait plus d'apéros que de goûters ...).  

Et j'applique avec lui ce que je j'enseigne à mes patients, on mange tout d'un coup et on en parle plus (et après on se brosse les dents).

2 commentaires:

  1. Je tombe par hasard sur votre blog, que je trouve sympathique, amusant, plein d'ironie et d'humour... bref, les dentistes sont AUSSI des gens normaux, youpi ! Il faut dire que je ratisse la toile de long en large depuis presque deux semaines à rechercher des infos sur les soins dentaires... pas pour moi, j'ai une dentition de classe moyenne de pays riche, donc tout va bien de ce côté-là. Je suis juste agacée, fatiguée, désarçonnée de me rendre compte à quel point dès qu'on n'est pas dans les clous, la vie cesse d'être un long fleuve tranquille. Peut-être n'en aurez-vous rien à faire. Sans doute jusque-là vous demandez-vous en quoi cela vous concerne. Tant pis. Je jette une bouteille à la mer. Je me présente très vite : je suis prof de lettres en lycée et nous hébergeons depuis quelques semaines un réfugié soudanais d'une trentaine d'années. J'ai bien dit "réfugié" et pas "demandeur d'asile", c'est-à-dire qu'il a un statut qui lui ouvre les mêmes droits que ceux des nationaux que nous sommes. Normalement. Parce que, pour l'instant, même s'il a son titre de séjour en règle, il n'a pas encore de carte vitale, ni de CMU (j'ai de plus en plus l'impression que ce sigle est un gros mot chez les praticiens libéraux), et est sur le point d'avoir un n° de sécu (par défaut tous les réfugiés ont le même semblerait-il), ses droits sont ouverts mais il n'a encore aucune attestation. Le hic, c'est qu'il a quatre caries, deux petites aux molaires et deux plus importantes sur le côté et ... on entre dans un labyrinthe à la Kafka... les praticiens libéraux ne veulent pas le prendre (trop de patients, pas de nouveaux patients,il pourrait y avoir un pb avec l'anesthésie -ça, j’entends bien-, il n'a pas de carte vitale, etc.). Pourtant il veut et peut payer les soins. Donc direction le CHU... Rv avec l'assistante sociale du CHU, qui nous reçoit très aimablement (ce n'est pas de l'ironie) et fait son possible pour transmettre le dossier au secrétariat de stomato et là on doit attendre... qu'ils nous appellent pour un RV. Injoignable au tel. Cela fait 15 jours. F se gave de Doliprane, d'Ibuprophène (désolée pour l'orthographe, je ne suis pas sûre)et d'anti inflammatoires... pour supporter la douleur. La joue enfle et pas de solution à l'horizon. J'enrage et, dès que je sors de cours, je me démène, appel en tous sens aux copains et amis, chacun essaie de mobiliser ses connaissances... Pour l'instant, rien.Ah, si, quand même un nouveau RV décroché par un ami qui pour régulariser son dossier à la CPAM dans une semaine. C'est déjà ça. Mais moi qui croyais dur comme fer au droit aux soins pour tous, les bras m'en tombent. Alors, vous qui êtes de l'autre côté, vous dont l'argent ne semble pas être le moteur (j'ai lu que vous préfériez travailler moins pour profiter davantage de votre enfant, cela m'a fait sourire, j'avais fait le même choix quand mes enfants étaient petits, est-ce que vous pouvez me dire ce que je dois faire pour avoir un RV dentaire pour ce jeune homme qui souffre (et je pense que les soins ne vont pas pouvoir se limiter à une seule séance évidemment...) ? Il prend son mal en patience, il en a vu bien d'autres je pense, mais quand même, ça me fait bouillir de me sentir impuissante à ce point. Vous avez toute latitude de me répondre ou pas, mais il me semble que quand on tient un blog, on aime bien communiquer non? En tout cas, continuez à écrire !
    Dans l'attente de vous lire peut-être... Véronique

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  2. Bonjour,

    malheureusement vu le nombre de praticiens qui ne consultent pas les patients sans carte vitale même si ils ont l'AME je ne vois pas qui le prendrait à part les centres Croix Rouge ou les services d'urgence des CHU.
    En libéral malheureusement si il se présente sans pouvoir payer personne ne lui redonnera de 2ème rdv.

    Connaissez-vous l'avancement de son dossier AME ? Je soigne de nombreux patients qui en sont bénéficiaires et il semble qu'il y aurait droit (enfin avant que les prochaines élections ne les fassent disparaître).

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